Le ministre délégué chargé de l'Europe, Jean-Noël Barrot, a défendu la position de la France concernant le maintien sur le territoire de Xenia Fedorova, une opposante russe recherchée par Moscou.
Dans une déclaration faite ce mercredi, Jean-Noël Barrot a expliqué que la France ne pouvait pas extrader Xenia Fedorova vers la Russie, car elle risquerait d'être persécutée pour ses opinions politiques. "On n'envoie pas les opposants au goulag", a-t-il martelé, en référence aux pratiques répressives du régime de Vladimir Poutine.
Xenia Fedorova, militante et journaliste, est accusée par la Russie d'activités subversives. Elle avait trouvé refuge en France il y a plusieurs mois. Sa demande d'asile est en cours d'examen, mais la justice russe réclame son extradition pour la juger.
Le ministre a rappelé que la France respecte le droit international et les conventions sur les réfugiés, et qu'elle ne livre jamais des personnes à un pays où elles risquent la torture ou des traitements inhumains. "C'est un principe fondamental de notre République", a-t-il ajouté.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la Russie et les pays occidentaux, notamment après l'invasion de l'Ukraine. Plusieurs voix se sont élevées en France pour critiquer la décision, estimant qu'elle pourrait nuire aux relations diplomatiques avec Moscou. Cependant, Barrot a assuré que la France ne céderait pas à la pression.
Une décision saluée par les défenseurs des droits humains
Les organisations de défense des droits humains ont salué la position de la France. Amnesty International a qualifié cette décision de "signal fort" envoyé aux régimes autoritaires. "La France montre l'exemple en protégeant ceux qui fuient la répression", a déclaré un porte-parole de l'ONG.
Xenia Fedorova, quant à elle, a exprimé sa gratitude envers les autorités françaises. Dans un communiqué, elle a affirmé : "Je suis reconnaissante à la France pour son engagement en faveur de la liberté d'expression et des droits de l'homme." Elle a également appelé les autres pays européens à suivre cet exemple.
La Russie a réagi avec véhémence, dénonçant une "ingérence dans ses affaires intérieures" et menaçant de prendre des mesures de rétorsion. Le ministère russe des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur de France à Moscou pour protester.
Cette affaire met en lumière les dilemmes auxquels sont confrontés les pays européens face aux demandes d'extradition émanant de régimes autoritaires. La France, en choisissant de protéger Xenia Fedorova, réaffirme son attachement aux valeurs démocratiques, même au prix de tensions diplomatiques.



