Amnesty International dénonce la lâcheté des dirigeants face aux chefs d'État prédateurs
Dans son rapport annuel publié mardi, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International a vivement critiqué ce qu'elle qualifie de lâcheté généralisée des dirigeants mondiaux face aux agissements de chefs d'État qu'elle désigne comme prédateurs. L'ONG pointe particulièrement du doigt Donald Trump, Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahou, accusés de poursuivre des stratégies de domination économique et politique au mépris des règles internationales.
Un monde où la guerre remplace la diplomatie
Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International, a présenté le rapport à Londres en déclarant que ces chefs d'État agissent en défiance totale des cadres internationaux établis après la Seconde Guerre mondiale. En 2025, Donald Trump, Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahou ont poursuivi une stratégie de domination passant par la destruction, la répression et des violences mondiales à grande échelle, a-t-elle affirmé.
Le rapport détaille plusieurs accusations graves :
- Les États-Unis auraient pratiqué des homicides extrajudiciaires au-delà de leurs frontières
- Des attaques illégales contre le Venezuela et l'Iran
- Des menaces envers le Groenland
- Une volonté de saper des décennies d'efforts pour les droits des femmes
Concernant Israël, Amnesty accuse le gouvernement de poursuivre un génocide contre la population palestinienne de Gaza, malgré l'accord de cessez-le-feu d'octobre, sans que la communauté internationale ne prenne de mesures significatives.
Des institutions internationales sous pression extrême
Selon l'ONG, les institutions internationales ont subi les pires attaques depuis 1948, avec notamment :
- Les sanctions américaines contre des magistrats de la Cour pénale internationale
- Le retrait des États-Unis de dizaines de conventions internationales
- L'abandon de l'accord du GIEC sur le climat
Le conflit au Moyen-Orient illustre selon Amnesty ce glissement vers le mépris de la loi, depuis les premières attaques illégales menées par les États-Unis et Israël jusqu'aux représailles aveugles de l'Iran. L'organisation rappelle également que les autorités iraniennes ont massacré des manifestants en janvier 2026, dans ce qu'elle décrit comme la répression la plus meurtrière de ce type depuis des décennies.
Des violations des droits humains à travers le monde
Le rapport étend ses critiques à d'autres régions du globe :
- En Birmanie, déchirée par la guerre civile depuis 2021, l'armée aurait utilisé des parapentes motorisés pour larguer des munitions explosives sur des villages, tuant des dizaines de civils
- Au Soudan, les Forces de soutien rapide (FSR) auraient commis des massacres de civils et des violences sexuelles pendant le siège d'El-Facher, qui a duré 18 mois
Quelques lueurs d'espoir malgré tout
Malgré ce sombre tableau, Amnesty International relève quelques initiatives positives :
- La création d'un tribunal spécial pour la guerre en Ukraine
- La remise de l'ex-président philippin Rodrigo Duterte, inculpé de crimes contre l'humanité, à la CPI
- Les actions de dockers en Espagne, France et Maroc pour perturber l'acheminement d'armes vers Israël
- L'engagement des citoyens américains contre les opérations de la police de l'immigration ICE
Agnès Callamard espère que le refus de certains pays européens de se joindre aux attaques contre l'Iran annonce le début d'un grand sursaut. Nous sommes au moment même où tout peut basculer, où tout ce qui a été construit au cours des 80 dernières années risque d'être anéanti, a-t-elle prévenu, appelant à une résistance collective face à ces attaques contre l'ordre international et les droits humains.



