Amnesty dénonce la coopération migratoire UE-Libye sur fond de répression xénophobe
Amnesty dénonce la coopération migratoire UE-Libye

Dans un rapport publié mardi 23 juin, Amnesty International dénonce la coopération migratoire entre l'Union européenne et la Libye, qu'elle qualifie de "dangereuse et mortifère". L'organisation de défense des droits humains pointe du doigt la responsabilité de l'UE dans les violations commises contre les migrants en Libye, sur fond de répression xénophobe croissante dans le pays.

Des interceptions en mer contestées

Selon le rapport, les garde-côtes libyens, formés et équipés par l'UE, ont intercepté plus de 30 000 migrants en Méditerranée en 2025, les ramenant de force en Libye. Amnesty estime que ces interceptions violent le droit maritime international et exposent les migrants à des traitements inhumains dans les centres de détention libyens. "L'UE finance et facilite un système qui renvoie des personnes vers des dangers certains", a déclaré une porte-parole de l'organisation.

Des centres de détention aux conditions déplorables

Le rapport documente des conditions de vie épouvantables dans les centres de détention libyens, où les migrants sont privés de soins médicaux, de nourriture suffisante et d'eau potable. Amnesty affirme que des milliers de personnes sont détenues arbitrairement, souvent pendant des mois, et subissent des violences physiques et psychologiques. "La situation est intenable, les migrants sont traités comme des criminels alors qu'ils fuient la guerre et la pauvreté", a ajouté la porte-parole.

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Une coopération sous le signe de la xénophobie

Amnesty souligne que la coopération migratoire UE-Libye s'inscrit dans un contexte de montée de la xénophobie en Libye. Des discours politiques stigmatisent les migrants subsahariens, les accusant de tous les maux. Cette rhétorique, selon le rapport, légitime les violences et les expulsions arbitraires. L'organisation appelle l'UE à suspendre immédiatement toute coopération avec les garde-côtes libyens et à cesser le financement de centres de détention.

Des chiffres alarmants

Le rapport d'Amnesty International révèle qu'au moins 1 500 migrants sont morts noyés en Méditerranée en 2025, un chiffre en hausse de 20 % par rapport à l'année précédente. Par ailleurs, plus de 10 000 migrants sont actuellement détenus dans des centres officiels en Libye, sans compter ceux qui sont retenus dans des lieux non officiels. "Ces chiffres sont la conséquence directe d'une politique migratoire européenne qui externalise ses frontières et abandonne les migrants à leur sort", a dénoncé l'organisation.

Les réactions de l'UE

La Commission européenne a répondu en défendant sa coopération, affirmant qu'elle vise à sauver des vies en mer et à lutter contre les réseaux de passeurs. "Nous travaillons avec les autorités libyennes pour améliorer les conditions dans les centres de détention et offrir des retours volontaires", a déclaré un porte-parole de la Commission. Cependant, Amnesty juge ces mesures insuffisantes et estime que l'UE doit revoir fondamentalement sa politique migratoire.

Un appel à la communauté internationale

Amnesty International appelle la communauté internationale à faire pression sur la Libye pour qu'elle mette fin à la détention arbitraire des migrants et respecte le droit international. L'organisation demande également la création de voies légales et sûres pour les migrants, afin d'éviter les traversées périlleuses en Méditerranée. "Il est temps de mettre fin à cette tragédie et de protéger les droits humains", a conclu la porte-parole.

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