Deux militants d'ultradroite interpellés à Nice après des violences
Ultradroite : deux interpellations à Nice pour violences

Deux hommes considérés comme des militants d'ultradroite ont été interpellés cette semaine à Nice pour des violences commises en marge d'une manifestation contre l'élection d'Éric Ciotti (UDR-RN) à la mairie, a annoncé jeudi le procureur de Nice, Damien Martinelli.

Âgés tous deux d'une vingtaine d'années et déjà condamnés pour des violences, ils sont poursuivis pour violences aggravées, association de malfaiteurs et infraction à la législation sur les armes. Ils doivent faire l'objet d'une procédure de comparution immédiate.

Un arsenal complet retrouvé lors des perquisitions

Le 23 mars, au lendemain du second tour de l'élection municipale, la Confédération générale du travail spectacle avait appelé à un rassemblement dans le Vieux Nice pour marquer la mobilisation de la gauche face à la victoire du candidat soutenu par le RN. À l'issue du rassemblement, des manifestants ont été pris à partie par une vingtaine de jeunes hommes vêtus de noir, certains le visage dissimulé sous une cagoule.

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L'enquête a permis d'identifier un homme né en 2005, déjà soupçonné d'être l'auteur de violences « pour un motif possiblement raciste » le 1er février dans le Vieux Nice, et un autre homme né en 2002. À la suite d'opérations d'interpellation et de perquisitions menées mardi et mercredi, les policiers ont retrouvé chez eux des autocollants ou des objets liés à Aquila Popularis, un groupuscule niçois d'ultradroite.

Des objets nazis et une matraque télescopique

Chez le plus jeune, un poing américain a été découvert. Chez le plus âgé, l'arsenal était plus complet : matraque télescopique, munitions, mitaines coquées, baïonnette, ainsi que des insignes et objets nazis. Ce dernier a assuré qu'il s'agissait d'une « simple collection ».

Tous deux ont réfuté adhérer à Aquila Popularis. Le plus jeune se présente comme membre de la Populaire Sud, un groupe de supporters ultra de l'OGC Nice. Ils ont reconnu avoir été présents le 23 mars, assurant que l'objectif était juste de « faire peur » aux manifestants. Le plus jeune a reconnu avoir donné des coups, mais tous deux ont surtout dit en avoir subis.

Aquila Popularis, un groupuscule en pleine expansion

Longtemps resté discret, Aquila Popularis multiplie les initiatives depuis plusieurs mois : ouverture d'un local en janvier, collage d'affiches avec des slogans comme « Un toit pour les nôtres, pas pour les autres », rassemblement d'hommage à Quentin Deranque. Le 17 avril, des élus de gauche s'étaient insurgés contre une réunion dans ce local en l'honneur d'Albert Spaggiari, ancien de l'OAS et cerveau d'un casse sous-terrain spectaculaire en 1976 à Nice. Interrogé à ce sujet, Éric Ciotti avait estimé que ce groupuscule n'avait « rien à faire à Nice ».

Comme lors du 1er mai de l'année dernière, Aquila Popularis a appelé à un rassemblement en hommage à Jeanne d'Arc vendredi à 18 heures devant une statue de la sainte récemment érigée à Nice.

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