Tensions persistantes au Rojava malgré le cessez-le-feu
Tensions au Rojava malgré le cessez-le-feu

Une combattante des Unités de protection de la femme (YPJ), la brigade féminine des forces kurdes du Rojava, se tient près d'Hassaké, sur une position face aux forces armées du gouvernement syrien de Hamed Al-Charaa, le 5 février 2025. Le photographe Laurent Van der Stockt a capturé cette scène pour le journal Le Monde.

Le bourdonnement inquiétant d'un drone sur Tell Kawkab

D'abord lointain, le son du bourdonnement caractéristique d'un drone a soudainement couvert le sifflement du vent, jeudi 6 février, sur le Tell Kawkab. Cette colline stratégique domine, à 526 mètres d'altitude, l'agglomération de Hassaké et sa plaine du nord-est de la Syrie.

« C'est l'un des nôtres », assure une combattante des YPJ. Cependant, quelques minutes plus tard, elle n'en est plus tout à fait certaine, illustrant l'atmosphère de méfiance et d'incertitude qui règne sur ce front.

Une position dominante et des mouvements sous surveillance

Depuis cette ex-base de l'ancien régime, reprise par les Forces démocratiques syriennes (FDS) à la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, les forces kurdes dominent les positions de la nouvelle armée syrienne et la ligne de front qui enserre Hassaké.

De cette éminence, la seule de la région, aucun mouvement n'échappe aux combattants qui surveillent attentivement la plaine en contrebas. La veille au soir, une tentative d'infiltration d'une petite colonne de militaires envoyées par Damas a été stoppée à un jet de pierre de Tell Kawkab, selon l'officier qui commande la position.

Cet incident s'est produit après un échange de tirs « à l'arme légère », précise-t-il, soulignant la fragilité de la situation malgré les accords de paix.

Un cessez-le-feu fragile et des alertes constantes

Huit jours après avoir signé un accord de cessez-le-feu le 30 janvier, au terme de trois semaines de combats intenses, les combattants kurdes du Rojava, comme ceux de Damas, restent en état d'alerte élevée.

Les affrontements avaient vu l'armée gouvernementale s'approcher dangereusement du cœur des territoires à peuplement kurde de la région de la Djézireh, dans le nord-est de la Syrie.

Les difficultés de la désescalade

Les premières mesures de désescalade, qui prévoyaient que l'armée syrienne et les FDS se retirent des positions qu'elles occupent l'une en face de l'autre, peinent à se matérialiser sur le terrain.

Cette lenteur dans la mise en œuvre des accords contribue à maintenir une tension palpable, avec des incidents réguliers qui rappellent la précarité de la trêve.

La surveillance continue depuis des points stratégiques comme Tell Kawkab reste essentielle pour les forces kurdes, qui cherchent à protéger leurs gains territoriaux et politiques dans cette région complexe et disputée.