RDC saisit la CIJ contre le Rwanda pour exactions dans l'Est
RDC saisit la CIJ contre le Rwanda pour exactions

La République démocratique du Congo (RDC) a saisi, vendredi 26 juin, la Cour internationale de justice (CIJ) d'une plainte contre le Rwanda pour des exactions commises dans l'Est du pays, a annoncé le ministre congolais de la Justice, Rose Mutombo. Cette action en justice vise à obtenir réparation pour les violations du droit international perpétrées par les forces rwandaises et leurs alliés du M23 dans la région du Nord-Kivu.

Des accusations de violations massives

Dans sa requête déposée à La Haye, Kinshasa accuse Kigali de violations graves du droit international humanitaire et des droits de l'homme, notamment des massacres de civils, des viols, des pillages et des destructions de villages. Selon le gouvernement congolais, ces actes ont été commis depuis 2022 dans le cadre de l'offensive du M23, un groupe rebelle soutenu par le Rwanda selon de nombreux rapports de l'ONU.

« Le Rwanda a violé la souveraineté et l'intégrité territoriale de la RDC en soutenant le M23 et en menant des opérations militaires directes sur notre sol », a déclaré Rose Mutombo lors d'une conférence de presse à Kinshasa. « Nous demandons à la CIJ de constater ces violations et d'ordonner la cessation immédiate des hostilités ainsi que le versement de réparations. »

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Un conflit aux racines profondes

L'Est de la RDC est en proie à des violences depuis des décennies, impliquant de nombreux groupes armés locaux et étrangers. Le M23, formé en 2012, a été vaincu en 2013 mais a repris les armes en 2021, s'emparant de vastes territoires dans le Nord-Kivu. Kinshasa accuse régulièrement le Rwanda de soutenir ce mouvement, ce que Kigali dément.

Un rapport d'experts de l'ONU publié en décembre 2025 a conclu que les forces rwandaises avaient mené des opérations militaires en RDC en soutien au M23, fournissant armes, troupes et commandement. Le Rwanda a rejeté ces conclusions, les qualifiant de « non fondées ».

Une procédure longue et incertaine

La saisine de la CIJ marque une escalade juridique dans le conflit entre les deux pays. La RDC a déjà porté l'affaire devant d'autres instances internationales, comme la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, mais sans résultat concret. La CIJ, principal organe judiciaire de l'ONU, peut rendre des arrêts contraignants, mais leur exécution dépend de la volonté des États.

« Cette plainte est un signal fort adressé à la communauté internationale », a estimé un analyste juridique basé à Kinshasa. « Cependant, la procédure pourrait prendre des années, et rien ne garantit que le Rwanda se conformera à un éventuel arrêt défavorable. »

Le Rwanda n'a pas encore réagi officiellement à cette saisine. Mais dans le passé, Kigali a toujours nié toute implication directe dans les exactions commises dans l'Est de la RDC, accusant en retour Kinshasa de soutenir les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe hutu rwandais présent en RDC.

Des conséquences humanitaires désastreuses

Le conflit dans l'Est de la RDC a provoqué une crise humanitaire majeure. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), plus de 2,5 millions de personnes ont été déplacées dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis 2022. Les violences ont également entraîné la mort de milliers de civils et de nombreux cas de violences sexuelles.

« La situation est catastrophique », a déclaré un porte-parole de l'OCHA à Genève. « Les populations civiles sont prises en étau entre les différents groupes armés et les forces gouvernementales. L'accès humanitaire reste très limité dans de nombreuses zones. »

La RDC espère que cette saisine de la CIJ permettra de faire pression sur le Rwanda et d'obtenir une condamnation internationale qui pourrait contribuer à un règlement pacifique du conflit. Mais les observateurs restent prudents, soulignant que la justice internationale est souvent lente et que les enjeux géopolitiques régionaux compliquent toute résolution.

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