Un pétrolier togolais victime d'un détournement au large du Yémen
Un pétrolier battant pavillon togolais, l'« EUREKA », a été capturé samedi par des individus armés au large des côtes yéménites, dans la province de Chabwa. Selon les garde-côtes yéménites, les assaillants ont pris le contrôle du navire et l'ont dirigé vers le golfe d'Aden, en direction des côtes somaliennes. Les autorités locales ont indiqué que le navire avait été localisé et que des efforts étaient en cours pour le récupérer et garantir la sécurité de son équipage, sans toutefois préciser le nombre de personnes à bord ni leur nationalité. L'« EUREKA » est un pétrolier transportant des produits raffinés, selon le site Marinetraffic.
Une recrudescence de la piraterie dans la région
Cet incident survient dans un contexte de menace accrue au large de la Somalie. Le centre d'information sur la sécurité maritime JMIC a relevé lundi le niveau de menace à « important » après plusieurs attaques de présumés pirates, les premières depuis plusieurs mois. La piraterie somalienne, qui avait connu un pic en 2011 avant de diminuer grâce à des patrouilles militaires internationales et à des mesures de sécurité, semble reprendre. Deux navires, le tanker « Honour 25 » et le cargo « M/V Sward », avaient déjà été détournés les 21 et 26 avril au large de la Somalie. Des responsables sécuritaires du Puntland ont attribué le détournement du « Sward » à un nouveau groupe « de criminels opportunistes ».
Un contexte géopolitique tendu
Les garde-côtes yéménites relèvent du gouvernement reconnu internationalement, qui ne contrôle qu'une partie du Yémen, de vastes zones étant tenues par les rebelles houthis. Ces derniers ont multiplié les attaques contre des navires qu'ils estimaient liés à Israël. Par ailleurs, le détournement de l'« EUREKA » intervient alors que la fermeture de fait du détroit d'Ormuz, dans le cadre du conflit entre l'Iran et les États-Unis, perturbe le trafic maritime international et oblige les armateurs à emprunter des routes alternatives, rendant la zone encore plus vulnérable.
Des voies maritimes stratégiques sous pression
Les côtes somaliennes, pays en proie à l'instabilité depuis plus de trente ans, bordent l'océan Indien et le golfe d'Aden, qui donne accès à la mer Rouge. Cette zone est l'une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, et toute perturbation a des conséquences majeures sur le commerce international. Les autorités yéménites et somaliennes tentent de coordonner leurs efforts pour faire face à cette recrudescence de la piraterie, mais la situation reste précaire.



