Au Sud-Liban, la Force intérimaire des Nations unies (FINUL) patrouille dans une zone de tensions extrêmes, où les affrontements entre Tsahal et le Hezbollah sont quotidiens. Selon un rapport de l'ONU, plus de 1 500 incidents ont été recensés depuis le début de l'année, dont 300 impliquant des tirs directs. Le long de la Ligne bleue, la frontière tracée par l'ONU en 2000, les soldats de la paix tentent de maintenir un cessez-le-feu précaire.
Une présence militaire renforcée
Tsahal a déployé des milliers de soldats supplémentaires le long de la frontière, tandis que le Hezbollah conserve une force estimée à 100 000 combattants, selon des sources israéliennes. Les Casques bleus, au nombre de 10 000, sont souvent pris entre deux feux. "Chaque jour, nous constatons des violations de la résolution 1701", déclare un porte-parole de la FINUL, cité par Le Point. "Les deux parties sont sur le qui-vive."
Les villages fantômes du Sud-Liban
Dans les villages proches de la frontière, la vie s'est arrêtée. À Kfar Kila, seuls 200 habitants restent sur les 5 000 d'avant-guerre. Les maisons sont criblées d'impacts de balles et de roquettes. "Nous avons peur, mais nous ne voulons pas partir", confie un agriculteur local. "La terre est notre vie." Selon l'UNICEF, 80 % des écoles de la région ont fermé, et 30 000 enfants ont été déplacés.
Les patrouilles de la FINUL sous tension
Les patrouilles de la FINUL sont régulièrement entravées. Le 15 mars, un véhicule de l'ONU a été endommagé par une explosion, sans faire de victimes. "Nous sommes ici pour observer et rapporter", explique un officier irlandais. "Mais notre marge de manœuvre est limitée." Les soldats de la paix sont souvent confrontés à des checkpoints improvisés par le Hezbollah, qui contrôle de facto la zone.
Un conflit aux dimensions régionales
Les affrontements ne se limitent pas au Sud-Liban. Selon des experts, le Hezbollah reçoit un soutien logistique de l'Iran, tandis qu'Israël est appuyé par les États-Unis. "Chaque roquette tirée peut déclencher une guerre régionale", avertit un analyste de l'International Crisis Group. Depuis octobre, plus de 200 roquettes ont été tirées du Liban vers Israël, et Tsahal a riposté par des frappes aériennes.
L'impact humanitaire
Les civils paient le prix fort. Selon le Croissant-Rouge libanais, 50 000 personnes ont été déplacées dans le sud du pays. Les hôpitaux de la région manquent de médicaments et de personnel. "Nous traitons des blessés chaque semaine", témoigne un médecin de l'hôpital de Nabatieh. "Mais nous manquons de tout." La FINUL tente de fournir une aide, mais ses ressources sont limitées.
Vers une escalade incontrôlable ?
Les observateurs craignent une nouvelle guerre. Le 10 avril, un drone israélien a survolé Beyrouth, provoquant des tensions. "La situation est explosive", estime un diplomate occidental. "Un seul incident peut tout faire basculer." La FINUL appelle au dialogue, mais les positions restent figées. Le Hezbollah exige le retrait d'Israël du plateau du Golan, tandis que Tsahal réclame le désarmement de la milice chiite.



