Pékin accuse des espions utilisant des tortues et poissons en mer
Pékin accuse des espions utilisant tortues et poissons

Le vendredi 12 juin, le ministère chinois de la Sécurité de l'État a accusé les services de renseignement étrangers d'utiliser des animaux marins comme outils d'espionnage. Sur l'application WeChat, Pékin a évoqué des tortues et des poissons utilisés pour récolter des données sensibles dans les eaux chinoises.

Des animaux espions dans les profondeurs marines

Comme le rapporte Courrier international, citant le média chinois Fenghuang Wang, « traditionnellement, les histoires d’espionnage se déroulent au sommet d’un gratte-ciel, dans un laboratoire ou derrière un mur d’écrans d’ordinateur, mais elles peuvent aussi nous plonger dans les profondeurs marines. » Selon Pékin, le principe consiste à fixer un boîtier sur le dos de tortues ou de poissons, puis à les relâcher dans les eaux chinoises afin qu'ils circulent discrètement, sans éveiller les soupçons.

Un boîtier sophistiqué

Le boîtier contient un capteur capable d'enregistrer la température de l'eau, la salinité et les courants océaniques, puis de les transmettre à l'étranger par satellite. Le ministère chinois estime que ces opérations s'inscrivent dans le cadre d'une « guerre secrète invisible ». Ces méthodes reposent sur des équipements légers et sophistiqués, conçus pour passer inaperçus. Grâce aux données récoltées, les agences d'espionnage étrangères peuvent tracer des cartes sous-marines afin d'identifier les faiblesses des défenses côtières chinoises.

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Un phénomène historique

La Chine n'est pas la première à affirmer que des animaux sont utilisés à des fins d'espionnage. Depuis la guerre froide, la CIA a développé plusieurs programmes visant à utiliser des animaux comme outils d'espionnage. Des chats ont notamment été équipés de microphones pour servir de dispositifs d'écoute. Des programmes tels que Oxygas et Chirilogy avaient pour but de dresser des dauphins à poser des explosifs sur des navires soviétiques. Plus récemment, la Russie a été soupçonnée d'avoir utilisé le béluga Hvaldimir à des fins d'espionnage en Norvège. En 2019, ce cétacé a été retrouvé dans les eaux norvégiennes, équipé d'un harnais conçu pour fixer une caméra et d'autres équipements, portant l'inscription « Equipment St. Petersburg ».

Pékin multiplie les accusations

Les accusations de Pékin ne se limitent pas aux « tortues espionnes ». Le ministère chinois de la Sécurité d'État a affirmé, le 12 juin, avoir découvert des Wave Gliders, un modèle de drone maritime autonome développé par l'entreprise américaine Liquid Robotics. Selon la Chine, ces appareils permettent de transmettre des informations militaires sur l'activité des navires chinois. Des bouées ont également été découvertes par le ministère, dotées d'un système de capteurs météorologiques permettant de suivre en temps réel les empreintes sonores des sous-marins chinois. Selon The Guardian, pour faire face à ces menaces, Pékin offre désormais une récompense de 50 000 à 500 000 yuans pour la découverte de dispositifs d'espionnage dans les eaux chinoises.

Des accusations réciproques

Ces accusations s'inscrivent dans un contexte de tensions très fortes entre Pékin et les gouvernements occidentaux. Ce n'est pas la première fois que la Chine accuse l'Occident d'espionnage, et réciproquement. Le 20 mai, en Allemagne, un couple de ressortissants allemands a été arrêté à Munich, soupçonné d'avoir espionné au profit de la Chine. Inversement, le 12 juin, un citoyen américain, Min Zin, a été arrêté en Chine pour des activités d'espionnage. Le ministère chinois n'a toutefois désigné aucun pays comme responsable de ces opérations présumées.

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