Liban Sud : l'ONU dénonce les destructions systématiques de villages par Israël
ONU : destructions systématiques de villages par Israël au Liban

La Mission des Nations unies au Liban (Finul) a publié un rapport accablant dénonçant les « démolitions systématiques » de villages entiers dans le sud du Liban par les forces israéliennes. Selon ce document, rendu public mardi 28 avril, ces destructions, qui concernent au moins une vingtaine de localités, sont effectuées « sans aucune justification militaire apparente » et constituent une violation grave du droit international humanitaire.

Des villages rasés méthodiquement

Le rapport de la Finul, qui s'appuie sur des observations de terrain et des images satellite, décrit une opération méthodique : les bulldozers israéliens auraient rasé des centaines de bâtiments résidentiels, des écoles, des mosquées et des infrastructures agricoles. Les villages de Kfar Kila, Mays al-Jabal et Bint Jbeil figurent parmi les plus touchés. « Nous assistons à une destruction délibérée et à grande échelle de zones civiles, ce qui pourrait relever de crimes de guerre », alerte un porte-parole de la mission onusienne.

Des conséquences humanitaires désastreuses

Les démolitions ont provoqué le déplacement de plusieurs milliers de civils, qui se trouvent désormais sans abri ni moyens de subsistance. Les équipes de secours peinent à accéder aux zones sinistrées en raison des risques de tirs et des routes endommagées. L'ONU appelle à une enquête internationale indépendante pour faire la lumière sur ces actes et exige qu'Israël mette immédiatement fin à ces opérations.

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La réaction israélienne

De son côté, l'armée israélienne affirme que ces destructions visent à éliminer des infrastructures « terroristes » du Hezbollah, qu'elle accuse d'utiliser les villages comme bases. « Nous agissons en légitime défense contre une menace existentielle », a déclaré un porte-parole militaire. Cependant, la Finul conteste cette version, soulignant que les zones détruites ne présentaient pas de signes évidents d'activité militaire au moment des opérations.

Un précédent dangereux

Des experts juridiques estiment que ces destructions systématiques pourraient constituer une violation de l'article 53 de la quatrième Convention de Genève, qui interdit la destruction de biens privés ou publics sauf en cas de nécessité militaire impérieuse. « L'ampleur et la méthode suggèrent une politique délibérée de punition collective, ce qui est interdit par le droit international », analyse Me Sarah Levy, spécialiste en droit humanitaire. La communauté internationale, bien que préoccupée, peine à adopter une position ferme face à ces événements.

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