Netanyahou maintient la pression sur l'Iran malgré le cessez-le-feu
Netanyahou maintient la pression sur l'Iran

La guerre contre l'Iran n'est pas terminée selon Benyamin Netanyahou

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré dimanche que la guerre contre l'Iran n'était « pas encore terminée ». Cette annonce a été faite lors de la réception du président argentin Javier Milei à Jérusalem. Netanyahou a souligné que des « choses extraordinaires » avaient été accomplies en Iran avec les États-Unis, mais a ajouté que la situation pouvait évoluer à tout moment.

Un cessez-le-feu qui masque des tensions persistantes

Depuis l'accord de cessez-le-feu du 8 avril entre Washington et Téhéran, Netanyahou maintient un flou stratégique concernant une reprise des hostilités. Officiellement, Israël affirme avoir coordonné cet arrêt avec son allié américain et avoir « anéanti le programme nucléaire et le programme de missiles » iraniens après trente-neuf jours de conflit.

Cependant, les données de l'Institut national d'études stratégiques (INSS) révèlent une réalité plus nuancée :

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram
  • Près de 10 800 frappes aériennes israéliennes combinées à plus de 13 000 bombardements américains
  • 700 frappes ciblant les forces liées au programme balistique iranien
  • 450 attaques sur des sites de lanceurs
  • 7 installations nucléaires touchées, dont Natanz, Ispahan et Arak

Les objectifs non atteints de la guerre

Shahar Koifman, ancien chef du bureau Iran du Renseignement militaire israélien, souligne que l'objectif principal d'empêcher l'Iran de fabriquer une arme nucléaire n'a pas été atteint. Bien que les usines d'enrichissement d'uranium soient endommagées, l'Iran conserve des stocks importants :

  1. 441 kg d'uranium enrichi à 60%
  2. 180 kg enrichi à 20%
  3. Plus de 6 000 kg enrichi à 5%

Ce stock à 60% pourrait permettre la production de 10 bombes atomiques potentielles, selon les experts. L'Iran nie toute intention militaire, mais son niveau d'enrichissement dépasse largement les besoins civils autorisés par le Traité de non-prolifération.

Le défi du programme balistique iranien

Le deuxième objectif israélien était l'élimination de la menace balistique. Avant la guerre, l'arsenal était estimé à moins de 2 000 missiles, mais les chiffres réels se sont révélés plus importants :

  • 640 missiles lancés sur Israël
  • 1 471 missiles dirigés vers les pays arabes du Golfe

Shahar Koifman explique : « Le programme balistique de la République islamique est quasiment impossible à annihiler. Le savoir est là. Les usines peuvent être reconstruites. » Les frappes israéliennes ont ciblé les sites de stockage, les usines de fabrication et les dépôts de carburant, mais l'objectif n'est atteint qu'à environ 80% selon les analyses.

Un régime iranien plus radical qu'auparavant

Le troisième objectif israélien était d'affaiblir suffisamment le régime pour favoriser son renversement. Malgré l'élimination d'environ 2 000 gardiens de la révolution et de 50 hauts responsables (dont le guide suprême Ali Khamenei), le régime reste en place et se radicalise.

Mojtaba Khamenei, fils de l'ancien guide suprême, a accédé au pouvoir et renforce l'influence des pasdarans dans les décisions politiques. Joshua Zarka, ambassadeur d'Israël en France, affirme cependant : « Le régime que nous connaissions auparavant n'existe plus. Il est aujourd'hui plus faible et ne constitue plus une menace existentielle pour Israël. »

Les conséquences géopolitiques majeures

La population iranienne, appelée à se soulever par Netanyahou, reste passive face aux exécutions d'opposants accusés de collaboration. Par ailleurs, le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran depuis le 2 mars représente une conséquence majeure, affectant 20% du commerce pétrolier mondial.

Israël, dont les importations proviennent principalement d'Azerbaïdjan et du Kazakhstan, est moins impacté que d'autres pays. Cependant, ce contrôle offre à l'Iran un levier de pression considérable dans les négociations avec les États-Unis. Shahar Koifman avertit : « Nous ne pouvons pas terminer cette guerre avec un régime plus fort qu'il ne l'était auparavant. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

La situation reste donc extrêmement volatile, avec des objectifs militaires partiellement atteints et un équilibre géopolitique profondément modifié dans la région.