Minneapolis sous tension : les méthodes controversées de l'ICE dénoncées après des morts
Minneapolis : les méthodes controversées de l'ICE dénoncées

Minneapolis sous le choc des interventions musclées de l'ICE

Des observateurs ont filmé des agents de l'ICE, à Minneapolis dans le Minnesota, le 5 février 2026. La voix de Luke Ganger est lasse et empreinte de pudeur lorsqu'il prend place dans une salle du Capitole, le 3 février, pour évoquer le destin tragique de sa sœur, Renee Good. Cette dernière est désormais connue à travers tout le pays comme une victime des agents fédéraux.

Une tragédie familiale devenue symbole national

Renee Good a été abattue au volant de sa voiture par un membre de l'ICE à Minneapolis début janvier. L'agence fédérale, qui traque les migrants en situation irrégulière, incarne la politique migratoire controversée de l'ancien président Donald Trump. Devant un forum rassemblant des élus démocrates, Luke Ganger décrit « des scènes complètement surréalistes » qui ont animé les rues de sa ville pendant plusieurs semaines.

« Ce n'est pas juste une question d'un mauvais jour ou d'une semaine difficile ou d'incidents isolés », explique-t-il. « Ces rencontres avec des agents fédéraux changent la communauté et changent de nombreuses vies, dont les nôtres, à jamais. »

Une approche pyromane dénoncée par les élus locaux

La mort de Renee Good, suivie de celle d'Alex Pretti quelques jours plus tard, illustre l'approche qualifiée de pyromane adoptée par le département de la sécurité intérieure à Minneapolis. Près de 3 000 agents ont été déployés dans la ville, sans aucune coordination préalable avec les autorités locales. Ces agents, souvent masqués et dépourvus de signes d'identification clairs, circulaient à bord de voitures banalisées.

Les violations des procédures élémentaires d'intervention se sont multipliées :

  • Usage inconsidéré d'armes à feu lors d'opérations de routine
  • Abus de perquisitions administratives à domicile, ne nécessitant pas l'aval d'un juge
  • Absence de transparence sur l'identité et les mandats des agents déployés

Ces pratiques semblent porter atteinte au quatrième amendement de la Constitution américaine, qui protège les citoyens contre les perquisitions et saisies abusives. La situation à Minneapolis révèle ainsi les tensions profondes générées par la politique migratoire fédérale et ses conséquences sur le terrain.