Mali : Assimi Goïta réapparaît après les attaques meurtrières
Mali : Goïta réapparaît après les attaques

Le président de la transition malienne, Assimi Goïta, a fait sa première apparition publique depuis les assauts coordonnés de groupes armés qui ont déstabilisé le pays et coûté la vie au ministre de la Défense, Sadio Camara. Le chef de la junte, dont on ignorait le sort depuis les attaques sans précédent, est réapparu et s’est rendu au chevet de blessés, selon des communiqués et photos publiés mardi par la présidence malienne.

Une situation fébrile après les attaques

La fébrilité règne au Mali trois jours après des attaques sans précédent des djihadistes du JNIM alliés aux indépendantistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces groupes continuent d’avancer dans le Nord face à une junte plus affaiblie que jamais et dans une « situation difficile », de l’aveu même de son allié russe. La chaîne publique malienne ORTM a annoncé qu’Assimi Goïta doit s’adresser au pays mardi à 20 heures dans le journal télévisé.

Le silence de Goïta alimente les spéculations

L’absence et le silence du leader malien ont nourri depuis trois jours des spéculations sur sa capacité à se maintenir au pouvoir. Son ministre de la Défense, Sadio Camara, un des principaux responsables de la junte, a été tué lors de l’une de ces attaques. Ce dernier était considéré comme l’architecte du rapprochement avec la Russie. La junte malienne s’était rapprochée politiquement et militairement de la Russie ces dernières années après avoir chassé les militaires français en 2022.

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La Russie réaffirme son soutien

Mardi, Assimi Goïta a reçu l’ambassadeur de Russie dans le pays, Igor Gromyko. Les deux parties ont évoqué la situation actuelle. L’ambassadeur russe a « réaffirmé l’engagement de son pays aux côtés du Mali dans la lutte contre le terrorisme », assurant que la « Russie sera toujours l’amie du Mali ». Le chef de la junte a également rendu visite mardi aux blessés civils et militaires pris en charge à l’hôpital de Kati, situé à une quinzaine de kilomètres de Bamako, et a souhaité « un prompt rétablissement » aux blessés.

L'attaque de Kati fait au moins 23 morts

Cette ville-garnison et fief de la junte a été visée samedi par une attaque des groupes armés, qui a fait au moins 23 morts civils et militaires, selon un nouveau bilan donné par une source hospitalière. C’est dans cette attaque à Kati, menée par « un véhicule piégé conduit par un kamikaze », que le général Sadio Camara a été tué. Assimi Goïta s’est également rendu mardi au domicile du général pour présenter ses condoléances à sa famille.

La situation reste difficile selon la Russie

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministère russe de la Défense a estimé que les rebelles et djihadistes étaient en train de se regrouper et que la situation au Mali restait « difficile ». Le ministère a aussi confirmé que l’Africa Corps, des paramilitaires envoyés en appui de la junte malienne, a dû se retirer de la ville clef de Kidal (nord), dont les groupes armés se sont emparés le week-end dernier. Le Kremlin a dit également souhaiter le retour « au plus vite » de la stabilité dans ce vaste pays sahélien, en proie depuis 2012 aux conflits et aux violences djihadistes.

Menace d'un blocus de Bamako

Mardi, le JNIM a menacé d’imposer un blocus sur les entrées de la capitale malienne Bamako, selon une vidéo d’un de leurs porte-paroles. « À partir d’aujourd’hui, un blocus est imposé à Bamako sur tous les axes », a déclaré Bina Diarra. « La seule mesure de tolérance est accordée à ceux qui se trouvent déjà à Bamako pour leur permettre de repartir. En revanche, il est désormais interdit de s’y rendre jusqu’à nouvel ordre », a-t-il affirmé. Il n’était pas possible dans l’immédiat de savoir si ce blocus serait vraiment effectif.

L’ambassade des États-Unis à Bamako dit avoir « pris connaissance de signalements faisant état de mouvements terroristes possibles à l’intérieur de la ville ». Elle recommande aux ressortissants américains de se confiner sur place et d’éviter tout déplacement non essentiel.

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L'armée malienne en difficulté

Ces attaques coordonnées lancées samedi jettent le doute sur les capacités de la junte à faire face aux menaces des groupes armés, et mettent à mal sa rhétorique qui affirmait que sa stratégie de rupture, ses nouveaux partenariats étrangers et son effort militaire accru avaient permis d’inverser la tendance. Signe de la fébrilité, l’armée malienne a abandonné certaines de ses positions dans la région de Gao (nord), deuxième région militaire du Mali après Kati. Quant à la ville stratégique de Kidal, elle est désormais sous contrôle rebelle depuis ce week-end. Selon des analystes, le but stratégique recherché par cette alliance entre JNIM et FLA ne serait pas la prise du pouvoir à Bamako, mais la reconquête des régions du Nord.