Kosovo: trois Serbes condamnés pour tentative de sécession armée
Kosovo: trois Serbes condamnés pour sécession armée

Le tribunal de Pristina a rendu un verdict historique ce vendredi en condamnant trois Serbes du Kosovo à de lourdes peines de prison pour tentative de sécession armée. Les accusés, identifiés comme Milan Radoičić, Zvonko Veselinović et Marko Marković, ont été reconnus coupables d'avoir planifié et tenté de renverser les institutions kosovares par la force.

Des peines allant de 15 à 20 ans de prison

Milan Radoičić, considéré comme le principal meneur, a écopé de 20 ans de réclusion criminelle. Zvonko Veselinović a été condamné à 18 ans, tandis que Marko Marković a reçu une peine de 15 ans. Le tribunal a estimé que les trois hommes avaient organisé un groupe armé paramilitaire, collecté des armes et planifié des attaques contre des institutions kosovares, notamment dans le nord du pays, région à majorité serbe.

Belgrade dénonce un procès politique

La réaction de Belgrade ne s'est pas fait attendre. Le président serbe Aleksandar Vučić a qualifié le verdict de "scandaleux" et accusé le régime de Pristina d'être "anti-serbe". "Ce procès est une mascarade politique visant à criminaliser la communauté serbe du Kosovo", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Le ministère serbe des Affaires étrangères a annoncé qu'il saisirait les instances internationales pour contester cette décision.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un contexte de tensions persistantes

Cette condamnation intervient dans un climat de tensions déjà vives entre le Kosovo et la Serbie. Depuis la fin de la guerre en 1999, le nord du Kosovo, peuplé majoritairement de Serbes, reste un foyer de contestation. En 2023, des affrontements avaient éclaté après l'installation de maires albanais dans des municipalités serbes. Les trois condamnés étaient déjà connus des services de renseignement pour leurs liens présumés avec des groupes paramilitaires serbes.

L'Union européenne appelle au calme

L'Union européenne a pris acte du verdict tout en appelant les deux parties à la retenue. "Nous prenons note de la décision de la justice kosovare et rappelons l'importance de l'État de droit", a déclaré un porte-parole de la Commission européenne. Bruxelles a également exhorté Belgrade et Pristina à reprendre le dialogue de normalisation, suspendu depuis plusieurs mois. Les États-Unis ont exprimé des réserves sur la procédure, tout en reconnaissant le droit du Kosovo à juger des actes de sédition sur son territoire.

Les avocats des condamnés ont annoncé leur intention de faire appel. Ils dénoncent des irrégularités dans la procédure et affirment que leurs clients n'ont pas bénéficié d'un procès équitable. La défense a également pointé du doigt des pressions politiques exercées sur les juges. De son côté, le gouvernement kosovar a salué une décision "juste et nécessaire" pour la sécurité du pays.

Ce verdict risque de raviver les tensions interethniques au Kosovo, où la communauté serbe se sent marginalisée. Des manifestations de soutien aux condamnés sont attendues dans les prochains jours à Mitrovica, ville divisée entre le nord serbe et le sud albanais. Les autorités kosovares ont renforcé les mesures de sécurité dans la région pour prévenir tout débordement.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale