Kosovo : La fin d'une année de paralysie politique
Le Parlement du Kosovo a mis un terme à une longue période de blocage politique en validant, dans la soirée du mercredi 11 février, la composition du nouveau gouvernement présenté par le premier ministre sortant Albin Kurti. Cette décision intervient après des élections législatives anticipées tenues le 28 décembre, organisées suite à l'incapacité de M. Kurti à former une majorité parlementaire à l'issue d'un premier scrutin en février 2025. Durant les douze mois précédents, il avait dirigé un gouvernement technique.
Un vote décisif au Parlement
La présidente du Parlement, Albulena Haxhiu, a officiellement annoncé l'élection du gouvernement, précisant que 66 des 120 députés avaient voté en sa faveur. Albin Kurti, âgé de 50 ans, a exprimé son intention d'agir rapidement pour faire approuver par le Parlement des prêts internationaux cruciaux pour l'économie locale, notamment ceux accordés par Bruxelles, ce qui nécessite une majorité des deux tiers.
Son parti, Vetëvendosje (VV), qui défend une politique sociale de gauche et une orientation nationaliste, a obtenu 51,1 % des voix lors des élections de décembre, lui assurant 57 sièges. Au pouvoir depuis mars 2021, après un bref passage à la tête du gouvernement en 2020, M. Kurti a réussi à construire cette nouvelle majorité avec le soutien des élus représentant les minorités.
Priorités économiques et tensions avec la Serbie
Dans un discours prononcé avant le vote, Albin Kurti a présenté un programme axé sur l'économie et l'augmentation des investissements dans la défense. Il a également critiqué la Serbie, qui n'a jamais reconnu l'indépendance du Kosovo, proclamée en 2008. « Au cours de ces dernières années, nous avons été confrontés à des attaques et des menaces incessantes de la part de la Serbie », a-t-il déclaré aux députés, tout en promettant de « poursuivre la normalisation des relations » avec Belgrade.
Il a insisté sur le fait que la normalisation implique l'établissement de relations bilatérales sans ingérence, une position ferme qu'il est connu pour adopter face à la Serbie. Les relations entre les deux pays restent tendues depuis la guerre de la fin des années 1990, particulièrement dans le nord du Kosovo, où vivent principalement des Serbes. Cette normalisation est une condition essentielle pour leur future intégration à l'Union européenne.
Contexte électoral et enquêtes
Le résultat des élections de décembre a été confirmé le 31 janvier par la Commission électorale, qui avait initialement ordonné un recomptage complet des bulletins après la découverte d'irrégularités. Une enquête pénale a été ouverte, et plus de cent membres du personnel électoral ont été arrêtés à la mi-janvier pour des accusations de falsification des résultats, pression, intimidations et corruption.
Certains d'entre eux ont été placés en détention pour une durée d'un à deux mois, le temps des investigations. Plus tôt dans la journée, les députés ont élu Albulena Haxhiu, ancienne ministre de la justice et membre de Vetëvendosje, comme nouvelle présidente du Parlement.
Cette validation gouvernementale marque une étape cruciale pour le Kosovo, qui cherche à stabiliser sa situation politique et économique tout en naviguant dans des relations complexes avec la Serbie.