Israël annonce un renforcement majeur de son contrôle en Cisjordanie occupée
Le cabinet de sécurité israélien a dévoilé ce dimanche 8 février une série de mesures destinées à renforcer significativement le contrôle israélien sur la Cisjordanie, y compris dans des zones actuellement administrées par l'Autorité palestinienne. Ces décisions, annoncées par le ministre de la Défense Israel Katz et son homologue des Finances Bezalel Smotrich, modifient radicalement les procédures d'enregistrement foncier et d'acquisition de biens dans ce territoire occupé depuis 1967.
Des changements fonciers pour faciliter l'expansion des colonies
Selon The Times of Israël, ces mesures visent explicitement à lever des obstacles datant de plusieurs décennies, à abroger une législation jordanienne qualifiée de discriminatoire et à permettre un développement accéléré des colonies israéliennes sur le terrain. Le texte supprime notamment une disposition interdisant aux Juifs d'acheter des terres, une mesure qui, selon les autorités israéliennes, facilitera l'installation des Israéliens en Cisjordanie.
Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite israélienne, colon lui-même et partisan d'une annexion de la Cisjordanie, a salué ces décisions en déclarant : « Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d'Israël et enterrons l'idée d'un État palestinien. » Ces propos illustrent l'objectif politique sous-jacent de ces réformes, qui risquent d'aggraver considérablement la situation des Palestiniens sur le territoire.
Extension du contrôle sur les sites religieux et les permis de construire
Les nouvelles mesures accordent également aux autorités israéliennes le pouvoir d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne. Parmi les lieux concernés figurent :
- Le Caveau des Patriarches à Hébron
- La mosquée d'Ibrahim, lieu saint pour les trois monothéismes
- La tombe de Rachel à Bethléem
De plus, les permis de construire, qui devaient auparavant être validés à la fois par la municipalité et par l'Administration civile, nécessiteront désormais une autorisation exclusive de l'autorité israélienne. Ce changement centralise davantage le pouvoir décisionnel entre les mains d'Israël, réduisant l'autonomie palestinienne dans la gestion des affaires civiles.
Vives condamnations palestiniennes et internationales
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a immédiatement condamné ces décisions, les qualifiant d'illégales et invalides. Il a exigé l'intervention des États-Unis et de l'ONU pour stopper leur mise en œuvre, selon l'agence officielle de presse WAFA. Le Hamas a également réagi, dénonçant une « escalade » et appelant les pays arabes et musulmans à couper leurs relations avec Israël.
L'organisation israélienne Peace Now, qui prône une solution à deux États, a critiqué ces mesures en affirmant : « Benyamin Netanyahou a promis de renverser le Hamas à Gaza, mais en pratique, il a choisi de renverser l'Autorité palestinienne, d'annuler les accords signés par Israël et d'imposer une annexion de fait. » L'ONG Emek Shaveh, dédiée à la protection des sites anciens en tant que biens publics, a également condamné ces décisions, soulignant leur impact négatif sur les communautés locales.
Ces développements marquent une étape significative dans le conflit israélo-palestinien, avec des implications profondes pour l'avenir de la région et la possibilité d'une résolution négociée.