Menaces croisées entre Washington et Téhéran à la veille de l'expiration de la trêve
Les États-Unis et l'Iran ont échangé des avertissements sévères lundi 20 avril 2026, à seulement deux jours de la fin prévue du cessez-le-feu de deux semaines. Cette trêve fragile, entrée en vigueur le 8 avril, avait temporairement interrompu plus d'un mois de conflit ayant causé des milliers de morts au Moyen-Orient et secoué l'économie mondiale. L'incertitude plane sur une possible reprise des pourparlers, avec une délégation américaine censée se rendre bientôt à Islamabad, selon une source proche du dossier citée par l'AFP.
Le nucléaire iranien, pomme de discorde persistante
Donald Trump est revenu sur le dossier sensible du nucléaire iranien, point de divergence majeur. Sur Truth Social, le président américain a affirmé que l'opération Marteau de minuit de juin 2025 avait mené à l'anéantissement complet et total des sites de poussière nucléaire en Iran, utilisant son terme habituel pour désigner le stock d'uranium enrichi de Téhéran. Il avait pourtant promis vendredi que l'uranium iranien serait rapporté aux États-Unis sous peu, une assertion de nouveau démentie par l'Iran, qui nie vouloir développer l'arme atomique et défend son droit au nucléaire civil.
Ultimatum et préparation à la reprise des hostilités
Donald Trump a déclaré à Bloomberg que l'extension de l'ultimatum pour la trêve était très improbable, avec une expiration prévue mercredi soir, heure de Washington. En réponse, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé sur X que l'Iran ne négocierait pas sous la menace et s'était préparé à abattre de nouvelles cartes sur le terrain. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, a mis en doute le sérieux des États-Unis, indiquant qu'aucune décision n'avait été arrêtée pour de nouveaux pourparlers.
Menaces de bombardements et blocus maritime
Sur la chaîne PBS, Donald Trump a averti que beaucoup de bombes exploseront si les revendications américaines ne sont pas satisfaites avant la fin du cessez-le-feu. Il a réaffirmé son intention de maintenir le blocus sur les ports iraniens tant qu'il n'y aura pas de DEAL avec Téhéran, estimant que cela coûte à l'Iran 500 millions de dollars par jour. Cependant, Lloyd's List Intelligence a rapporté qu'au moins 26 navires de la flotte fantôme iranienne avaient contourné ce blocus depuis son instauration la semaine dernière.
Tensions dans le détroit d'Ormuz et front libanais
Face au blocus américain, l'Iran a annoncé reprendre le strict contrôle du détroit d'Ormuz, un passage stratégique pour le pétrole mondial, provoquant des fluctuations des cours. Téhéran a également promis de riposter bientôt à la saisie par Washington du cargo Touska dans le golfe d'Oman. Par ailleurs, de nouvelles discussions directes entre Israël et le Liban sont prévues jeudi à Washington, dans un contexte de fragile cessez-le-feu de 10 jours avec le Hezbollah, tandis que le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné l'attaque ayant tué un Casque bleu français au Liban.



