Iran : un mois après la répression, l'ONU évoque des dizaines de milliers de morts
Iran : l'ONU évoque des dizaines de milliers de morts après la répression

Iran : un mois après la répression, l'ONU évoque des dizaines de milliers de morts

Un mois exactement après la sanglante répression des manifestations en Iran, les informations continuent de filtrer au compte-goutte depuis le pays. Selon la rapporteuse spéciale des Nations Unies pour l'Iran, des « dizaines de milliers » de personnes pourraient avoir perdu la vie lors de la répression gouvernementale des manifestations, en particulier les jeudi 8 et vendredi 9 janvier 2026, au pic de la mobilisation débutée le 28 décembre 2025.

Des témoignages accablants et une réaction internationale

Ces derniers jours, des témoignages recueillis par des médias internationaux, dont celui d'un médecin irano-allemand, d'un manifestant anti-régime et du directeur d'une ONG, viennent confirmer ces estimations alarmantes. En réaction à cette situation, les États-Unis ont déployé de nombreuses troupes navales dans le Golfe, un prélude à une éventuelle intervention militaire en Iran. Le vendredi 6 février, les Américains ont entamé des négociations avec le régime iranien à Oman, portant notamment sur la question du nucléaire iranien et la production de missiles balistiques de longue portée.

« Nous avons eu de très bonnes discussions sur l'Iran », a déclaré Donald Trump, tout en brandissant la menace de sanctions économiques supplémentaires. De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, a averti que l'Iran répliquerait militairement sur des bases américaines de la région en cas d'attaque sur son sol.

Un pays en deuil et sous black-out

En arrière-plan, la population iranienne se réveille douloureusement après les tueries de janvier. Le pays reste plongé dans un relatif black-out, avec des coupures d'Internet persistantes. Mi-janvier, le témoignage de Mina, une jeune femme d'une trentaine d'années habitant une grande ville iranienne, avait été recueilli. Alors que la rumeur d'une intervention américaine s'intensifiait, Mina a été recontactée via une application sécurisée, ses messages mettant parfois plusieurs jours à parvenir.

Selon elle, certaines villes iraniennes, comme Abdanan ou Lordegan, semblent toujours coupées du monde. À Téhéran et ailleurs, la vie n'est pas revenue à la normale. Elle décrit un pays « plongé dans le deuil et la tristesse », instable à plusieurs niveaux. « Que ce soit en termes de liberté d'expression, d'emploi ou même de subsistance quotidienne, plus rien n'est sûr », se désole Mina, ajoutant que les arrestations et les exécutions ne se sont pas arrêtées depuis un mois.

La terreur et l'appel à l'aide internationale

Le régime continuerait à traquer les manifestants, à les emprisonner, les torturer et les tuer, terrifiant ainsi la population. « La haine et l'aversion envers la République islamique ont atteint un point tel que plus personne ne peut fermer les yeux face à la répression et le sang versé », explique-t-elle entre deux coupures Internet.

Après la répression, le régime des mollahs a semblé vaciller, d'autant plus depuis le déploiement de troupes américaines dans le Golfe. Mais une intervention des États-Unis est-elle souhaitée par la population ? Oui, selon Mina, mais pas de gaieté de cœur : « Les gens en sont arrivés à un point où ils réclament ouvertement une attaque de Trump sur l'Iran pour faire tomber ce gouvernement. Il n'y a qu'en Iran qu'on peut se réjouir de l'attaque d'un pays étranger tellement le peuple hait le régime ! »

Elle poursuit : « Mais cela fait des années que l'on lutte au prix de morts, toujours plus nombreux, et d'une répression plus sévère. Dans ces conditions, beaucoup voient en Trump leur sauveur, non par conviction, mais par désespoir. » Après la répression, le président Trump a d'abord encouragé les manifestants à « tenir bon », promettant une intervention militaire imminente, avant de changer de position mi-janvier et de démarrer des négociations avec le régime.

Un avenir incertain et un soutien mitigé

Si la communauté internationale a condamné les tueries de janvier, Mina se sent « incapable de dire » si le peuple iranien est « réellement soutenu ou non » en dehors de ses frontières. « Si Trump ne tient pas ses promesses, il ne reste plus d'autre solution que de redescendre dans la rue, tout en sachant qu'il y a peut-être la mort au bout. Les gens ne supportent plus l'oppression, c'est devenu 'à la vie à la mort'. Nous sommes les enfants de Cyrus le Grand, nous ne nous soumettrons pas. »

En France, un événement en soutien au peuple iranien est prévu à la Maison de la Chimie ce lundi 9 février, soulignant l'attention internationale portée à cette crise humanitaire et politique.