Iran : le pouvoir fragmenté obéit uniquement au bureau du guide suprême
Iran : le pouvoir obéit uniquement au bureau du guide suprême

Iran : la réalité du pouvoir derrière l'apparente confusion

Depuis les frappes américaines et israéliennes du 28 février 2026 qui ont entraîné la mort du guide suprême Ali Khamenei et de nombreux dirigeants du régime de Téhéran, une certaine confusion semble régner quant à la gouvernance de l'Iran. À quelques heures de l'expiration annoncée du cessez-le-feu prévue le 22 avril au soir, la question de savoir qui dirige réellement le pays se pose avec acuité.

Un autoritarisme fragmenté

Pour l'historien Clément Therme, spécialiste des relations internationales et de la République islamique, cette apparente confusion ne reflète pas la réalité du pouvoir iranien. « Les décisions n'incombent qu'au bureau du guide suprême », affirme-t-il dans un entretien exclusif. Selon lui, il faut comprendre que le régime iranien fonctionne selon un modèle d'autoritarisme fragmenté où plusieurs centres de pouvoir coexistent, mais où l'autorité centrale reste prédominante.

Therme, chargé de cours à l'université Paul-Valéry de Montpellier et chercheur associé à plusieurs instituts spécialisés, vient de publier « Iran-Israël : la guerre idéologique » aux éditions Tallandier. Cet ouvrage analyse près de cinquante années d'un conflit ayant atteint une intensité inégalée et affectant désormais l'ensemble de la planète.

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Une logique idéologique de survie

L'historien insiste sur le fait que pour comprendre les mécanismes de décision en Iran, il faut accepter qu'ils répondent principalement à une logique idéologique de survie de la République islamique. Cette perspective explique pourquoi, malgré la décapitation partielle du régime, les structures de pouvoir continuent de fonctionner selon des principes établis depuis la révolution de 1979.

La représentation visuelle des guides suprêmes de la République islamique – Ruhollah Khomeini, Ali Khamenei et Mojtaba Khamenei – qui demeure présente dans l'espace public iranien, comme en témoigne un panneau photographié dans le centre de Téhéran le 10 mars 2026, symbolise cette continuité idéologique malgré les bouleversements récents.

Les rouages d'un pouvoir complexe

Therme décrypte les rouages de ce qu'il appelle « ce pouvoir fragmenté », soulignant que la nature même du régime iranien explique la persistance de ses mécanismes décisionnels. Même dans un contexte de crise extrême et de pertes humaines significatives parmi les dirigeants, les principes fondamentaux qui régissent la République islamique continuent de s'appliquer.

Cette analyse permet de mieux comprendre pourquoi, contrairement aux apparences, le pouvoir iranien n'est pas en proie au chaos mais continue de fonctionner selon des logiques internes bien établies, où le bureau du guide suprême reste l'instance décisionnelle ultime, préservant ainsi la cohésion idéologique du régime face aux défis extérieurs.

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