Iran : arrestation de Javad Emam, porte-parole du camp réformateur, par les gardiens de la révolution
Iran : arrestation de Javad Emam, porte-parole des réformateurs

Les gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont procédé à l'arrestation de Javad Emam, le porte-parole du front des réformateurs, la principale coalition du camp réformiste. Cette information a été rapportée lundi 9 février par plusieurs médias iraniens, dont le quotidien réformateur Shargh et l'agence de presse Fars.

Une opération menée aux premières heures

Selon ces sources, des agents des gardiens de la révolution se sont rendus au domicile de Javad Emam aux premières heures de la matinée de dimanche, avant de l'arrêter. Javad Emam est une figure notable de l'opposition iranienne, ayant été en 2009 l'un des responsables de campagne de Mir Hossein Moussavi, ancien premier ministre assigné à résidence depuis 2011.

D'autres arrestations dans le camp réformateur

L'arrestation de Javad Emam s'ajoute à celles de trois autres personnalités du camp réformateur intervenues dimanche. Parmi elles, Azar Mansouri, âgée de 60 ans, qui est la cheffe du front des réformateurs depuis 2023 et ancienne conseillère de l'ex-président réformateur Mohammad Khatami (1997-2005). Après le début des manifestations en décembre en Iran, initialement déclenchées par le marasme économique, elle avait publiquement soutenu les protestataires.

Ebrahim Asgharzadeh, un ancien membre du Parlement, et Mohsen Aminzadeh, un ancien responsable aux affaires étrangères, ont également été arrêtés. L'agence Mizan, liée au pouvoir judiciaire, avait fait état dimanche de plusieurs arrestations sans donner de noms, précisant qu'elles faisaient suite à une enquête sur des activités politiques soutenant Israël et les États-Unis.

Contexte politique et soutien à Pezeshkian

Le camp réformateur a largement soutenu le président Massoud Pezeshkian lors de la campagne présidentielle de 2024, ce qui pourrait expliquer en partie ces arrestations récentes. Ces événements surviennent dans un climat de tensions politiques accrues en Iran, où le pouvoir réprime régulièrement les voix dissidentes.

Arrestations liées à un message critique

Par ailleurs, plusieurs personnalités ont été arrêtées ces derniers jours pour leur contribution à un message critique du pouvoir, rédigé après les manifestations réprimées en janvier. Parmi elles, le cinéaste Mehdi Mahmoudian, coscénariste du film Un simple accident, qui a remporté la Palme d'or à Cannes en 2025. D'autres signataires notables incluent les cinéastes iraniens Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof, ainsi que Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix en 2023, condamnée à six ans de prison.

Ces arrestations massives soulignent la répression continue envers les opposants politiques et les activistes en Iran, dans un contexte où les réformateurs tentent de maintenir leur influence malgré les pressions croissantes des autorités.