Une vidéo manipulée de Netanyahu devient virale
Depuis le 28 février, avec le soutien des États-Unis, Israël intensifie ses frappes contre l'Iran. Des sites gouvernementaux, des installations militaires et des dépôts pétroliers ont été pris pour cible, certains détruits. Récemment, une rumeur inquiétante a émergé sur les réseaux sociaux : Benjamin Netanyahu aurait publiquement admis que Tsahal « a ciblé des civils ».
Des affirmations graves rapidement partagées
« Des familles. Des pères, des mères, des enfants », aurait ajouté le Premier ministre israélien, selon une publication vue près d'un million de fois. Ces prétendus aveux auraient été faits « à la télé », « devant le monde entier ». Un extrait vidéo de 27 secondes, provenant de la chaîne britannique Sky News avec des sous-titres en français, circule abondamment, notamment relayé par des comptes exprimant leur soutien à l'Iran.
Vérification des faits : une manipulation évidente
FAUX. Après vérification, l'extrait est tiré d'une conférence de presse du 8 avril, diffusée en intégralité par Sky News et disponible sur la chaîne YouTube du bureau du Premier ministre israélien. En visionnant l'intégralité, il est clair que les mots « civils », « familles », « pères », « mères » et « enfants » ne sont jamais prononcés par Netanyahu.
La citation attribuée au dirigeant israélien est inventée de toutes pièces. Netanyahu ne s'est pas « vanté d'un crime de guerre ». Dans l'extrait partagé, il déclare en réalité : « Nous avons tué des milliers de membres du régime et avons prouvé que nous pouvons les traquer, peu importe où ils se trouvent. […] Nous avons aussi ciblé des hauts responsables, du tyran Khamenei jusqu'aux dirigeants de la force paramilitaire Bassidj. »
Une traduction pouvant prêter à confusion
La traduction de Sky News pourrait semer le doute. La chaîne traduit : « Nous avons aussi ciblé des hauts responsables, du tyran Khamenei jusqu'aux proches des membres de la force paramilitaire Bassidj. » Cette nuance, bien que subtile, ne correspond pas aux allégations de ciblage de civils innocents.
Une intoxication amplifiée par des réseaux suspects
Le compte à l'origine de cette désinformation est identifiable, ayant partagé l'extrait le 9 avril. Son message, quasi identique à ceux des publications récentes, a été vu des centaines de milliers de fois. La plupart des comptes relayant cette intox ont été identifiés comme des bots ou faisant partie d'usines à trolls.
Par exemple, le compte « Fleur Morel » a été signalé comme tel l'été dernier. D'autres comptes impliqués sont connus pour diffuser de la désinformation sur la guerre en Iran, exploitant la sensibilité du conflit pour propager des fausses nouvelles.
Cette affaire souligne l'importance de la vigilance face aux contenus viraux, surtout en période de tensions internationales. Les vérifications rapides et le recours aux sources officielles restent essentiels pour contrer la désinformation.



