Un soldat français de la Finul tué dans une embuscade au Sud Liban
Malgré l'entrée en vigueur, vendredi, d'un fragile cessez-le-feu entre le Liban et Israël, la tension reste extrême au pays du Cèdre. Ce samedi matin, un Casque bleu français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a été tué dans ce que la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a qualifié d'« embuscade » menée « par un groupe armé à très courte distance ».
Une attaque ciblée malgré le contexte diplomatique
L'attaque s'est produite dans le village de Ghanduriyah, à quelques kilomètres seulement au nord du camp fortifié de Dayr Kifa où sont stationnés les 700 militaires français de la Finul. Le sergent-chef Florian Montorio, militaire expérimenté du 17e régiment de génie parachutiste de Montauban, a été atteint par « un tir direct à l'arme légère », selon les précisions de Catherine Vautrin. Malgré les premiers secours, ce père de deux enfants âgé de 40 ans n'a pu être ranimé.
Trois autres soldats français ont été blessés lors de cette attaque, dont deux grièvement. Le détachement français menait une mission d'ouverture d'itinéraire, procédant au déminage d'une route pour rétablir la liaison avec des positions isolées depuis plusieurs jours par les combats dans la zone.
Les responsabilités pointées du doigt
Si la ministre des Armées ne s'est pas engagée sur les auteurs de ce crime, le président Emmanuel Macron a déclaré que « tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah », le parti chiite armé pro-iranien. L'organisation a immédiatement démenti toute implication.
Cette tragédie intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible. Vendredi, dans la foulée de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le président libanais Joseph Aoun a annoncé qu'il travaillait désormais à un « accord permanent » avec Israël, revendiquant une souveraineté retrouvée.
Une mission de maintien de la paix de plus en plus périlleuse
La Finul, installée depuis 1978, compte 49 nationalités et 10 500 hommes. Au quotidien, les Casques bleus français patrouillent le long de la « blue line », cette ligne de démarcation de 80 kilomètres entre le Sud Liban et le nord d'Israël. Avec la reprise des hostilités entre l'État hébreu et le Hezbollah depuis le 2 mars, cette mission est devenue extrêmement risquée.
Fin mars, en l'espace de quarante-huit heures, trois soldats indonésiens de la Finul avaient déjà été tués après quatre semaines de combats intenses. Ces derniers jours, la diplomatie israélienne pointait du doigt la Finul, l'accusant de « n'avoir rien fait pour le désarmement du Hezbollah ».
Un sommet historique en préparation
Le président libanais Joseph Aoun s'est engagé à poursuivre les auteurs de l'attaque qui a coûté la vie au soldat français. Cette tragédie survient alors que des négociations cruciales se préparent. Jeudi, Donald Trump avait indiqué s'attendre à ce que Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou se retrouvent à la Maison-Blanche « dans les quatre ou cinq prochains jours ».
Un diplomate israélien qualifiait cette semaine ce sommet potentiel d'« historique », alors que Tsahal a indiqué avoir éliminé une nouvelle cellule terroriste dans le Sud Liban ce samedi même, preuve de l'intensité persistante des combats malgré le cessez-le-feu.



