Depuis plusieurs semaines, les attaques de drones ukrainiens visent les infrastructures pétrolières russes, provoquant des perturbations majeures dans l'approvisionnement en carburant. Selon le ministère russe de l'Énergie, la capacité de raffinage a chuté de 14 % en mai par rapport à la même période en 2023, atteignant son plus bas niveau depuis 2009.
Des régions entières touchées
Les régions de Krasnodar, Rostov et Volgograd, situées près de la frontière ukrainienne, sont les plus affectées. Les habitants font face à des files d'attente interminables dans les stations-service et à des prix en hausse de 20 % en moyenne. Un conducteur de Rostov, interrogé par l'agence Tass, a déclaré : « C'est devenu un cauchemar pour se déplacer. On attend parfois plus d'une heure pour 20 litres. »
La réponse du Kremlin
Le Kremlin a tenté de minimiser l'impact, affirmant que les réserves stratégiques sont suffisantes. Cependant, des fuites internes, rapportées par le média indépendant Meduza, indiquent que les autorités locales ont discrètement imposé des quotas de carburant pour les services publics. Le gouverneur de la région de Krasnodar, Veniamine Kondratiev, a reconnu sur Telegram que « la situation est tendue, mais nous travaillons à rétablir l'approvisionnement normal. »
Conséquences économiques et sociales
Les pénuries ont un effet domino sur l'économie locale. Les agriculteurs, qui dépendent du gazole pour les moissons, signalent des retards critiques. « Sans carburant, on ne peut pas faire tourner les machines. Les récoltes pourrissent sur pied », a expliqué un agriculteur de la région de Volgograd au journal local Vesti. Par ailleurs, les transports en commun réduisent leurs trajets, compliquant la vie quotidienne.
Une stratégie ukrainienne assumée
Kyiv revendique ces frappes comme une tactique légitime pour affaiblir l'effort de guerre russe. Un conseiller du président Zelensky, sous couvert d'anonymat, a confié au Kyiv Independent : « Chaque litre de carburant qui ne parvient pas à l'armée russe est une victoire. Nous ciblons les raffineries pour tarir leur logistique. » Selon des analystes militaires, ces attaques ont effectivement réduit la capacité de la Russie à ravitailler ses troupes dans le sud de l'Ukraine.
Réactions de la population
Le mécontentement gronde parmi les Russes, qui subissent les conséquences directes de la guerre. Un sondage réalisé par le Centre Levada en juin indique que 67 % des personnes interrogées dans les régions touchées estiment que la situation du carburant est « critique » ou « très préoccupante ». Des manifestations sporadiques ont eu lieu à Krasnodar et à Volgograd, bien que rapidement dispersées par les forces de l'ordre.



