L'Afrique du Sud a annoncé, samedi 7 février, son intention de retirer ses quelque 700 militaires déployés au sein de la Monusco, la mission de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC). Cette décision, communiquée par la présidence sud-africaine, marque la fin de vingt-sept ans de soutien aux efforts de maintien de la paix dans l'est de la RDC, une région ravagée par trois décennies de violences.
Un retrait motivé par la consolidation des ressources
Selon le communiqué officiel, le président Cyril Ramaphosa a informé le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, de cette décision. Elle est justifiée par la nécessité de consolider et réajuster les ressources des forces de défense sud-africaines. Le retrait devrait être terminé avant la fin de l'année.
La Monusco comptait environ 12 500 hommes en octobre, avec près de 700 soldats sud-africains participant à son contingent militaire. Cette annonce intervient après que l'Afrique du Sud a déjà évacué, l'an dernier, des centaines de ses soldats déployés dans le cadre de la SAMIRDC, une force régionale de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).
Contexte de violence dans l'est de la RDC
L'est de la RDC est le théâtre d'une résurgence du groupe armé M23 depuis fin 2021. Soutenu par le Rwanda voisin, le M23 a mené une offensive d'ampleur dans les provinces des Nord- et Sud-Kivu, s'emparant de Goma en janvier 2025 et de Bukavu en février de la même année. Ces villes frontalières sont riches en ressources minières.
La SADC a décidé, début 2025, de mettre fin au mandat de la SAMIRDC après son échec à endiguer cette offensive. Les appels au retrait des soldats sud-africains se sont multipliés en Afrique du Sud suite à la mort de 14 d'entre eux en janvier 2025, la plupart appartenant à la SAMIRDC et au moins deux à la Monusco.
Récentes escalades et efforts de paix
Mercredi, le M23 a revendiqué une attaque de drones contre l'aéroport stratégique de Kisangani, dans le nord-est de la RDC, démontrant sa capacité à frapper en profondeur. Parallèlement, l'ONU a annoncé le déploiement prochain d'une mission dans l'est de la RDC en vue d'un cessez-le-feu permanent, après une réunion à Doha sous médiation qatarie.
Un engagement vers un cessez-le-feu a été signé en juillet entre le M23 et les autorités de Kinshasa, et un accord a été entériné début décembre à Washington par la RDC et le Rwanda. Cependant, aucun de ces accords n'a mis un terme aux combats.
Dans son communiqué, l'Afrique du Sud assure qu'elle continuera à soutenir les efforts multilatéraux pour apporter une paix durable en RDC, malgré le retrait de ses troupes.