Tsunamis dans le Pacifique : pourquoi les vagues créées par le séisme en Russie sont-elles si inquiétantes ?
Après le tremblement de terre qui a secoué la péninsule de Kamtchatka au large de la Russie dans la nuit du 29 au 30 juillet, des tsunamis ont été annoncés dans plusieurs pays. Voici ce que l’on sait sur ces vagues potentiellement dévastatrices qui déferlent dans les prochaines heures.
La terre avait à peine fini de trembler cette nuit que déjà, les autorités alertaient sur le risque de tsunami. Les caractéristiques du séisme qui a frappé le large de la péninsule de Kamtchatka, en Russie, ont de quoi inquiéter : magnitude impressionnante, faible profondeur… On fait le point avec Pascal Roudil, expert du Centre national d’alerte aux tsunamis (Cenalt).
Un séisme inquiétant
Le tremblement de terre est survenu à 120 kilomètres des côtes russes. Malgré son éloignement, sa configuration est très inquiétante : il dispose de tous les ingrédients nécessaires pour générer un tsunami conséquent. La terre a tremblé à une faible profondeur : 20 km. Et ce n’est pas une bonne nouvelle. En guise de comparaison, l’épicentre de certains séismes est enregistré à 600 km de profondeur. « Le tsunami n’est pas vraiment généré par les ondes sismiques mais par les changements du sous-sol marin. Moins le séisme est profond, plus il peut soulever le sol. Ici, il y a l’eau qui a été soulevée au large avant de retourner à l’équilibre. Et en retournant à l’équilibre, il y a eu des oscillations qui se sont propagées », explique Pascal Roudil.
Comment prédire l’heure d’arrivée des vagues ?
« La vitesse de propagation d’un tsunami ne dépend que de la profondeur de l’océan », pose le chercheur. Plus l’épicentre est profond, plus le tsunami sera rapide, au point d’atteindre les 800 km/h. Ici, la vitesse de progression varie entre 40 et 80 km/h.
Prévoir les dégâts
L’intensité d’un séisme dépend pour partie de la hauteur des vagues. Plusieurs vont déferler vers les côtes depuis l’épicentre, qui crée des ondes plus ou moins régulières dans l’eau. En plus de leur vitesse de déplacement et de leur hauteur, ce sont les courants des tsunamis qu’il faut surveiller. « C’est la hauteur de la vague qui va nous aider à suivre. Si une vague met six heures à monter à deux mètres, on risque une inondation mais le courant sera faible, on pourra se déplacer dedans, observe le chercheur. En revanche, une hauteur de 80 centimètres en 15 à 20 minutes, c’est plus inquiétant. Le courant sera d’environ 40 km/h, et même si la vague fait moins d’un mètre, elle pourra soulever des voitures. »
C’est également une question d’orientation : « Il y a une direction privilégiée pour les tsunamis, ça va être perpendiculaire à la faille sismique. » Enfin, l’impact dépend de la destination : des côtes raides, qui s’enfoncent rapidement dans l’eau, parviennent mieux à stopper les tsunamis. C’est le cas de la majorité des côtes polynésiennes, où les volcans forment des reliefs assez abrupts. À l’exception des îles Marquises, où « les pentes sont relativement douces ».



