Depuis la loi du 29 janvier 2001, la France reconnaît publiquement le génocide des Arméniens, perpétré entre 1915 et 1916, et le commémore chaque 24 avril. Cette année, la ville de Toulon a rendu un hommage solennel au peuple arménien, rappelant les atrocités commises il y a 111 ans.
Un hommage empreint de solennité
Vendredi, devant le monument aux morts de la place Gabriel-Péri, les drapeaux de l’Arménie ont flotté aux côtés de ceux de la France. Les deux hymnes nationaux ont été joués, rassemblant les autorités représentant l’État, les élus et de nombreux membres de la communauté arménienne de France. Des gerbes ont été déposées et la flamme du souvenir a été ravivée, symbolisant la mémoire indélébile de ce crime contre l’humanité.
Les discours des officiels
Maryse Grigorian, présidente de l’association franco-arménienne Abri’s club, a pris la parole en premier : « Nous commémorons la survie d’un peuple qui, malgré les pertes, l’isolement et les injustices, refuse de disparaître. C’est cela, la force arménienne. Le monde doit comprendre qu’on ne peut impunément tenter d’effacer sa première nation chrétienne. La moindre brindille dans les jardins témoignera pour dénoncer ce génocide, toujours nié par la nation coupable. »
Josée Massi, maire de Toulon, a ensuite exprimé la position de la ville : « Nous ne banaliserons jamais la haine, la peur et le rejet de l’autre. Il y a 111 ans, l’horreur frappait un peuple, laissant une trace indélébile dans l’histoire. Devant ce monument et en présence des représentants de la République, la ville de Toulon tient à réaffirmer son attachement profond et sa sincère amitié au peuple arménien. »
Enfin, Simon Babre, préfet du Var, a déclaré : « Cette journée officielle reconnaît le génocide du peuple arménien pour ce qu’il a été : un crime contre la civilisation, qui appartient à notre mémoire commune et à celle de l’humanité. Elle nous rappelle que le combat contre la haine et l’intolérance est universel, qu’il nous concerne tous. »
Entre le 24 avril 1915 et juillet 1916, sur ordre des autorités ottomanes, 1 500 000 Arméniens, minorité chrétienne de l’empire ottoman, furent pourchassés et massacrés. Des centaines de milliers furent déportés. D’autres purent fuir, s’exiler et témoigner des atrocités commises. La cérémonie de Toulon s’inscrit dans le devoir de mémoire et la lutte contre le négationnisme.



