Dimanche 1er février 2026, Israël a rouvert de façon très limitée le passage de Rafah entre l'Égypte et la bande de Gaza, fermé depuis mai 2024 et crucial pour l'aide humanitaire. Cette mesure autorise uniquement la circulation d'habitants du territoire sous de strictes conditions sécuritaires.
Une réouverture partielle mais attendue
Les autorités israéliennes ont annoncé que le passage des habitants dans les deux sens pourrait commencer lundi, une fois les préparatifs achevés, sans mentionner une éventuelle augmentation de l'aide vers le territoire palestinien, ravagé par deux ans de guerre entre Israël et le Hamas. La réouverture de Rafah, seul passage entre Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël, était réclamée avec force par l'ONU et les ONG internationales.
Réactions mitigées sur le terrain
Cette réouverture partielle suscite espoir et amertume. Amine Al-Hilou, 53 ans, vivant sous une tente dans le camp d'Al-Chati, y voit une petite porte d'espoir pour les malades et les étudiants, mais réclame une ouverture sans restrictions. Adam Awad, 19 ans, déplacé dans le nord de Gaza, se dit heureux mais regrette l'absence de moyen d'obtenir un passeport. Il confie vivre toujours dans la peur, sans abri, eau ni électricité.
Des conditions strictes imposées par Israël
Selon des images et sources palestiniennes, des camions-citerne et ambulances ont traversé la frontière du côté égyptien mais n'avaient pas encore pénétré dans Gaza. Le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a prévenu que toute obstruction ou condition préalable imposée par Israël constituerait une violation de l'accord de cessez-le-feu.
Les malades et blessés espèrent des soins
Environ 200 malades attendent de pouvoir passer en Égypte. Zakaria, 39 ans, blessé en décembre 2024 dans un bombardement israélien, craint une amputation des deux jambes si son départ tarde. Il a préparé ses papiers et un petit sac pour être prêt à partir. Une quarantaine de fonctionnaires de l'Autorité palestinienne attendent aussi le feu vert israélien depuis l'Égypte.
Un cessez-le-feu précaire
Cette amorce de réouverture survient dans un contexte de trêve fragile, au lendemain de l'une des journées les plus meurtrières depuis le début de la trêve le 10 octobre 2025. La réouverture totale de Rafah est prévue par le plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023. Israël avait prévenu que Rafah ne rouvrirait qu'après la restitution de la dépouille de Ran Gvili, le dernier otage, finalement récupérée le 26 janvier.
Coordination internationale et oppositions
Les autorités israéliennes exigent une autorisation sécuritaire préalable pour entrer et sortir de Gaza, en coordination avec l'Égypte et sous supervision de la mission européenne. L'Égypte et la Jordanie ont réaffirmé leur opposition à tout déplacement du peuple palestinien hors de sa terre.
Le poste-frontière est situé dans un secteur encore occupé par l'armée israélienne. Sa réouverture devrait permettre l'entrée à Gaza des 15 membres du Comité national pour l'administration de Gaza, chargés de gérer le territoire sous l'autorité du Conseil de paix présidé par Donald Trump. Le représentant du Conseil, Nickolay Mladenov, a appelé les deux camps à la retenue, se disant profondément inquiet après des frappes israéliennes meurtrières et la découverte d'un tunnel à Rafah.



