Erika, premier bébé ukrainien né en Périgord, symbole de solidarité
Premier bébé ukrainien né en Périgord

Erika est née le 28 avril à 23 h 30 à l'hôpital de Périgueux, en Dordogne. Pesant 3,3 kilos, cette petite fille fêtera également son anniversaire le 29 avril, car pour son père resté en Ukraine, il était 0 h 30 quand son troisième enfant est venu au monde. Ce minuscule bout de femme, premier bébé ukrainien né en Périgord, ne s'en doute pas mais symbolise aussi l'énorme élan de générosité qui opère envers le pays en guerre contre la Russie.

Un accueil chaleureux à Thenon

D'ailleurs, son parrain et sa marraine sont thenonnais. Michel Grand, propriétaire de Carrefour Market, n'a pas hésité un instant à mettre à disposition la maison qu'il possède dans le centre de la commune. Sa belle-fille, Marie-Noëlle Queyroi, n'a pas compté son temps pour aider les deux femmes et quatre enfants qui y ont trouvé refuge. « Pour se comprendre, on utilise le traducteur du téléphone », explique Marie-Noëlle Queyroi.

La genèse du collectif Ukraine Bars-Limeyrat

« Tout a commencé avec Nada Stone, une habitante d'origine américaine de Bars qui avait des contacts avec des familles ukrainiennes souhaitant fuir leur pays », explique Marie-Noëlle Queyroi. Plusieurs personnes se sont activées, les maires de Bars et de Limeyrat se sont mobilisés, des collectes ont été organisées. C'est ainsi que le collectif Ukraine Bars-Limeyrat a vu le jour. Depuis le début de la guerre en Ukraine le 24 février, 43 personnes, essentiellement des femmes et des enfants, ont été accueillies par des bénévoles du secteur.

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Le périple de Yulia et Irina

Yulia, 30 ans, et ses deux enfants de 9 et 2 ans, ainsi que sa grande amie Irina, accompagnée de ses filles Eva (9 ans) et Karolina (4 ans), font partie de celles-là. Les jeunes femmes, originaires de Mykolaïv, près d'Odessa, ont quitté leur pays avec les petits le 13 mars. « Mon mari m'a mise dans un taxi avec les enfants quand la ville a commencé à être bombardée », raconte Yulia. De la frontière ukrainienne, le groupe a rejoint la Roumanie en passant par la Moldavie. Accueillies à Budapest, les deux familles trouvent un appartement mais celui-ci se révèle insalubre et plusieurs enfants tombent malades. « Nous étions très effrayées, nous avions peur d'aller en France mais nous avons tenté notre chance », raconte la mère de famille, qui remercie les personnes qui les ont aidées.

Arrivée en France et installation en Dordogne

Quinze jours après leur départ, les deux familles arrivent finalement à Paris où un bénévole du collectif Ukraine Bars-Limeyrat les reçoit. « C'est important pour leur sécurité car leurs papiers sont très prisés, ils ouvrent un droit au séjour de six mois », détaille Marie-Noëlle Queyroi. Les jeunes femmes sont conduites en Dordogne, prises en charge par les bénévoles, soutenues par l'Association périgourdine d'action et de recherche sur l'exclusion (Apare). Les dons affluent pour meubler la maison de Thenon et offrir des habits aux plus petits.

La naissance d'Erika, un moment “merveilleux”

Effrayée d'accoucher en France, à plus de 3 000 km de son mari, Yulia raconte aujourd'hui ce moment « merveilleux » où elle a pu être accompagnée par une jeune femme médecin, également originaire d'Ukraine. Du consulat ukrainien au service de l'état civil de Périgueux, tout a été fait pour que la petite Erika porte le nom de sa maman comme le veut la tradition. Désormais, Yulia attend l'arrivée de son époux, autorisé à quitter le pays. « Je prévois de retourner dans mon pays, il va falloir tout reconstruire avec mon mari car notre maison a été bombardée. Nous voulons la paix en Ukraine, car vivre sur sa propre terre est le mieux pour soi. »

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