En ce 8 juin, au monument aux morts des Martyrs de la Résistance et de la Déportation à Nîmes, élus, représentants de l’État et du département, anciens combattants et porte-drapeaux se sont réunis pour rendre hommage aux soldats morts pour la France en Indochine. Cette cérémonie, empreinte de gravité, a été marquée par le rappel d’un conflit longtemps resté dans l’ombre de l’histoire nationale.
Une cérémonie solennelle
Le poème Liberté de Paul Eluard a ouvert la cérémonie. Ce texte fort a été lu devant les autorités civiles et militaires rassemblées au pied du monument nîmois. Parmi elles figuraient Amal Couvreur, première adjointe au maire de Nîmes représentant Vincent Bouget ; le vice-président du département Christian Bastid, ainsi que Marie-Charlotte Euvrard, directrice de cabinet du préfet du Gard représentant le préfet Jérôme Bonet.
À travers les prises de parole et la lecture du message de la ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, toute la complexité de la guerre d’Indochine a été rappelée. Un conflit qui plonge ses racines dans la période coloniale française, bouleversée par la défaite de 1940, l’occupation japonaise durant la Seconde Guerre mondiale et l’émergence des mouvements nationalistes en Asie du Sud-Est.
Un lourd tribut humain
“Derrière cette commémoration, ce sont des dizaines de milliers de destins qui s’entrecroisent”, a rappelé le message ministériel. Fantassins, parachutistes, légionnaires, marins, aviateurs, médecins, infirmières… mais aussi combattants vietnamiens, laotiens et cambodgiens engagés aux côtés de la France : tous ont participé à cette guerre menée dans des conditions particulièrement éprouvantes.
Entre 1945 et 1954, plus de 80 000 soldats sont morts pour la France en Indochine. Parmi eux, 12 000 légionnaires, plus de 15 000 soldats originaires d’Afrique et près de 27 000 combattants autochtones. Sur les 40 000 militaires faits prisonniers, près de 30 000 ne reviendront jamais des camps de concentration.
Le message a également salué les figures du courage, à l’image de Valérie André, première femme médecin militaire hélitreuillée sous le feu ennemi pour secourir les blessés, ou de Geneviève de Galard, restée auprès des soldats jusqu’au bout à Diên Biên Phu.
Après le dépôt des gerbes par le Département du Gard, la Ville de Nîmes et les services de l’État, une minute de silence a précédé la Marseillaise. “La République leur doit sa reconnaissance et son respect”, a souligné le texte ministériel, rappelant que l’engagement, la fidélité à la mission et la fraternité d’armes demeurent des valeurs essentielles pour les générations actuelles.
Soixante-douze ans après la fin de la guerre d’Indochine, Nîmes a ainsi pris le temps de se souvenir de ceux dont les noms sont parfois moins connus, mais dont le sacrifice continue d’habiter la mémoire nationale.



