L'acteur et dramaturge Kassem Istanbouli a créé une pièce avec des déplacés au Théâtre national libanais, dans l'enceinte du cinéma le Colisée. Parmi les matelas et le linge qui sèche, le lieu continue à projeter des films et à organiser des ateliers de théâtre.
« Nous reviendrons », une prière sur scène
« Nous reviendrons » (« Rajeiin ») : c’est le titre de la pièce que Kassem Istanbouli, le directeur du Théâtre national libanais, vient de créer à Beyrouth avec des réfugiés du Liban sud. « Nous reviendrons », comme une prière au moment de l’entrée en vigueur dans la nuit du 16 au 17 avril d’une trêve de dix jours pour le Liban – après un mois et demi d’un conflit qui a fait près de 2 300 morts et jeté plus d’un million de personnes sur les routes.
Un théâtre transformé en refuge
Dans cet endroit mythique de la capitale, l’ancienne salle de cinéma vintage du Colisée qui a rouvert à l’automne 2025 et fait office de théâtre et de cinéma, au cœur du quartier de Hamra, il y a des matelas un peu partout et du linge qui sèche : l’endroit a été reconverti en abri pour les déplacés. Malgré les conditions précaires, les répétitions se poursuivent, offrant aux participants un espace d’expression et de résilience.
Kassem Istanbouli, connu pour son engagement artistique et social, a rassemblé des hommes, des femmes et des enfants fuyant les combats. Ensemble, ils répètent chaque jour, transformant leur douleur en mots et en gestes. La pièce raconte leur exil, leur espoir de retour et leur attachement à leur terre natale.
Le Théâtre national libanais, malgré les difficultés, continue d’être un lieu de culture et de solidarité. Des ateliers de théâtre pour les enfants, des projections de films et des débats y sont organisés régulièrement, créant un lien entre les réfugiés et les habitants de Beyrouth.
« Nous reviendrons » est plus qu’une pièce de théâtre : c’est un cri du cœur, une affirmation de la vie et de la résistance face à la guerre. Les comédiens, amateurs pour la plupart, y mettent toute leur âme, espérant que leur voix portera au-delà des murs du Colisée.



