Félicien Kabuga, financier du génocide rwandais, est mort à 93 ans
Kabuga, financier du génocide rwandais, mort à 93 ans

Félicien Kabuga, considéré comme le principal financier du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, est mort à l'âge de 93 ans, a annoncé le Mécanisme pour les Tribunaux pénaux internationaux (MTPI) ce samedi 16 mai 2026. Il est décédé à Nairobi, au Kenya, où il était détenu dans l'attente de son procès.

Un homme d'affaires au cœur du génocide

Né en 1933, Félicien Kabuga était un riche homme d'affaires rwandais. Il est accusé d'avoir financé et approvisionné les milices Interahamwe, qui ont perpétré le génocide ayant causé la mort d'environ 800 000 personnes, en majorité tutsies, entre avril et juillet 1994. Il est également soupçonné d'avoir importé des machettes et d'autres armes utilisées lors des massacres.

Une longue cavale et une arrestation tardive

Après le génocide, Kabuga a fui le Rwanda et a vécu en exil pendant des décennies, notamment en Suisse et au Kenya. Il a été arrêté en mai 2020 dans la banlieue de Nairobi, après 26 ans de cavale. Son arrestation a été saluée comme une avancée majeure pour la justice internationale.

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Un procès inachevé

Kabuga devait être jugé par le MTPI pour génocide, complicité de génocide, incitation directe et publique à commettre le génocide, et crimes contre l'humanité. Cependant, son état de santé s'était dégradé, et les procédures avaient été ralenties. Sa mort met fin à ce procès sans qu'un verdict n'ait été rendu.

La disparition de Kabuga suscite des réactions contrastées. Pour les rescapés du génocide, elle représente une forme de justice inachevée. Certains estiment qu'il a échappé à une condamnation méritée. D'autres soulignent que son arrestation et sa détention ont déjà envoyé un message fort contre l'impunité.

Un héritage complexe

Félicien Kabuga laisse derrière lui un héritage complexe. Son rôle dans le génocide rwandais reste un sujet d'étude pour les historiens et les juristes. Sa mort rappelle les défis de la justice internationale face aux crimes de masse et l'importance de poursuivre les responsables, même des décennies après les faits.

Le MTPI a indiqué que les charges retenues contre Kabuga sont désormais classées sans suite, mais que les enquêtes sur d'autres suspects pourraient se poursuivre. La communauté internationale espère que ce décès ne marquera pas la fin des efforts pour rendre justice aux victimes du génocide.

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