En Ukraine, les combats se poursuivent tandis que les dirigeants multiplient les rencontres pour trouver un accord de paix. Mais pour les Ukrainiens et les humanitaires présents sur le terrain, la fin de la guerre ne semble pas proche. Benjamin Panis, gérant d'une auto-école à Bessèges (Gard), s'apprête à partir une septième fois en Ukraine avec l'association humanitaire Partir Offrir. Il prendra la route le 14 septembre prochain pour venir en aide à la population ukrainienne.
La paix, personne n'y croit
« On amène tout ce qui est alimentaire, produits d'hygiène », explique le trentenaire. S'il s'est engagé, c'est d'abord par « curiosité ». À quelques semaines de son septième voyage, Benjamin Panis peine à croire en une fin proche de la guerre. « Ça semble lointain. Pour l'instant, on attend de voir, ça n'avance pas. Il y a des annonces, mais on ne voit pas plus. On constate que tous les soirs, il y a des attaques et que c'est de plus en plus violent. Les gens qu'on a sur place aussi, quand on échange avec eux, ils disent que la pression, ils la sentent de plus en plus », déplore le Gardois de 36 ans.
Que la guerre s'arrête ou non, son engagement ne faiblira pas. « Je pense qu'il y aura toujours les mêmes besoins. Les gens qui ont besoin d'aide alimentaire et de produits d'hygiène. Et de toute façon, je ne vois pas comment ça va s'améliorer du jour au lendemain à la fin de la guerre. Donc oui, il va falloir continuer à assurer le transport de marchandises. »
Intégrer Partir Offrir lui a également permis de faire de très bonnes rencontres, comme Roman, un Français d'origine ukrainienne, membre de l'association. Pour lui, ce ne sera pas son septième voyage. Ce résident de l'est de la France s'est rendu en Ukraine des dizaines de fois depuis plusieurs décennies.
« Les Russes continuent de bombarder et de mentir »
Aujourd'hui, Roman est « dégoûté » par la situation, tout comme ses amis sur place. « Ils ne croient pas à un accord de paix. Les Russes continuent de bombarder et de mentir. La bande à Poutine ne comprend qu'une chose, c'est la force. Franchement, je ne peux pas dire si cette guerre va se terminer demain ou après-demain… », se désole-t-il.
Bien que les dirigeants s'activent pour trouver une issue au conflit, la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine a surpris le septuagénaire. « Quand j'ai vu que le tapis rouge a été déroulé à Vladimir Poutine et que Donald Trump a applaudi, ça m'a dégoûté. C'est affreux. On parle d'un assassin qui a tué des enfants, c'est terrible… », souffle Roman.
Des souvenirs difficiles
Lors des voyages en Ukraine, les deux humanitaires ont été marqués par la barbarie de la guerre. « En février dernier, nous fumions une cigarette avec Roman devant notre hôtel à Kiev. Nous sommes restés dehors malgré les alertes et il y a eu des bombardements avec toutes les explosions. Nous, on a continué à fumer notre cigarette et à discuter, alors que ça a pété de tous les côtés », se rappelle Benjamin, étonné par la manière dont « les gens continuent à vivre normalement, vont dans la rue, que les voitures circulent ».
Lors d'un convoi l'hiver dernier, Roman se rend dans le plus grand cimetière de soldats, dans la région de Zaporijjia. Sur place, deux femmes étaient présentes. « L'une d'elles me dit : nous sommes venues voir la tombe d'un enfant de 3 ans. Il a été tué lors d'un bombardement. Et puis, elle fond en larmes et m'enlace. Moi, j'ai fondu aussi, parce que c'était trop fort. » Ce cimetière marquera à jamais l'homme d'origine ukrainienne. « Il y avait aussi deux enterrements. Nous nous sommes approchés. Il y avait toute une lignée de tombes déjà prêtes, de trous déjà creusés. Alors ça, ça choque… », confie-t-il avec émotion.



