La Côte d'Ivoire d'Emerse Faé est à un point de marquer l'histoire. Samedi soir à 22 heures, face à Curaçao, les Éléphants n'ont besoin que d'un match nul pour valider leur place en seizièmes de finale de la Coupe du Monde, une première pour le pays. Après avoir battu l'Équateur (1-0) en ouverture, la sélection ivoirienne vise à franchir un cap historique, un an après avoir remporté la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) en 2024 sous la houlette de Faé.
Une qualification historique à portée de main
Vainqueur de la CAN dès son intronisation en remplacement de Jean-Louis Gasset, Emerse Faé continue d'écrire sa légende. Un seul point suffira pour sortir de la phase de groupes, un exploit jamais réalisé par la Côte d'Ivoire en Coupe du Monde. La frustration était pourtant palpable après le match contre l'Allemagne, où les Ivoiriens menaient 1-0 avant de s'incliner 2-1 sur un but dans le temps additionnel (90e+4). « Nous prenons de telles nations comme exemple pour nous développer davantage, mais j'ai été un peu déçu par le manque de fair-play affiché par cette équipe allemande », a déclaré Faé, faisant référence à un ballon non rendu après une blessure de Singo.
Le management exigeant d'Emerse Faé
L'ancien milieu de terrain de l'OGC Nice, âgé de 42 ans, impose une rigueur sans faille. Selon un proche de la sélection, « il met un point d'honneur à ce que les joueurs soient réellement attachés à la sélection, au pays, au maillot. Il ne veut pas de mercenaires. » Faé est décrit comme très observateur, rigoureux et réfléchi, ne laissant rien au hasard : chaque soir, un paperboard détaille heure par heure le programme du lendemain.
Renato Civelli, ancien coéquipier de Faé à Nice, se souvient : « Emerse, il était déjà chaud quand il était joueur. Il avait beaucoup de caractère, il comprenait énormément bien les situations de jeu. Le coaching lui a permis de continuer sa passion après sa fin de carrière précoce et inattendue (à 28 ans à cause de phlébites à répétition). Il est arrivé un peu par hasard à la tête de sa sélection mais il tient son poste depuis un moment et l'équipe joue vraiment bien. Il a les deux qualités primordiales : être honnête et passionné. »
Une gestion humaine et stratégique
Faé a convoqué Evann Guessand, Jean-Michaël Seri et Elye Wahi dans sa liste des 26. Malgré la polémique autour de Wahi, laissé sur le banc contre l'Allemagne, le sélectionneur ne l'abandonne pas, à l'image de Nicolas Pépé, titularisé en Coupe du Monde après des propos maladroits ayant entraîné son absence à la CAN. « Il sait rester très calme, très humain malgré une pression énorme, populaire et politique. Il prend beaucoup de recul et du temps pour échanger avec ses joueurs », confie un membre de l'entourage.
Jusqu'ici, dix-huit Éléphants ont eu du temps de jeu, avec plus de points que le Sénégal (0 point) et plus de certitudes dans le jeu que le Maroc (4 pts) et l'Algérie (3 pts). Le conte de Faé n'est pas fini, et une qualification samedi soir viendrait couronner un parcours déjà exceptionnel.



