L'épidémie d'Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) a déjà causé la mort de 304 personnes, selon le dernier bilan officiel publié par les autorités sanitaires du pays. Ce chiffre, communiqué jeudi 26 juin, porte à 468 le nombre total de cas recensés depuis le début de l'épidémie, dont 164 guérisons.
Une propagation inquiétante dans l'est du pays
L'épidémie, déclarée le 1er août 2018 dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri, continue de se propager dans une région marquée par l'insécurité et les déplacements de population. Selon le ministère de la Santé, 42 nouveaux cas ont été enregistrés au cours de la dernière semaine, dont 22 dans la ville de Beni, épicentre de la crise.
Les équipes médicales, appuyées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et d'autres partenaires, peinent à contenir le virus en raison des violences armées et de la défiance de certaines communautés envers les soignants. « La situation est alarmante. Nous faisons face à une résistance de la population, qui complique la vaccination et le suivi des contacts », a déclaré le Dr Jean-Jacques Muyembe, coordinateur de la riposte.
Un taux de létalité élevé
Avec 304 décès pour 468 cas, le taux de létalité s'élève à près de 65 %, un niveau particulièrement élevé pour cette souche du virus Ebola. L'OMS a souligné que la réponse sanitaire est entravée par l'insécurité, avec des attaques récurrentes contre les centres de traitement. Selon l'organisation, plus de 80 attaques ont été recensées depuis le début de l'épidémie, faisant plusieurs morts parmi le personnel soignant.
Le gouvernement congolais a renforcé les mesures de contrôle aux frontières et intensifié la campagne de vaccination, qui a déjà touché plus de 130 000 personnes. Cependant, l'accès aux zones rurales reste limité.
Un impact régional à craindre
Les pays voisins, notamment l'Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud, restent en alerte. L'Ouganda a déjà enregistré trois cas importés en juin, rapidement contenus. L'OMS estime que le risque de propagation régionale est élevé. « Nous devons agir vite pour éviter une catastrophe humanitaire », a averti le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS.
Cette épidémie est la dixième en RDC et la plus grave jamais enregistrée dans le pays, dépassant le bilan de 2014 qui avait fait 49 morts. Le précédent record datait de 1995, avec 250 décès.



