En Iran, la dépendance au pétrole mise à nu par la guerre
Dépendance pétrolière iranienne révélée par le conflit

La guerre en Ukraine a mis en lumière une fragilité structurelle de l'économie iranienne : sa dépendance quasi absolue aux revenus pétroliers. Selon des économistes, le pétrole représente environ 60% des recettes d'exportation et 40% du budget de l'État iranien. Cette vulnérabilité est exacerbée par les sanctions internationales qui limitent les ventes de brut.

Une économie sous perfusion pétrolière

L'Iran possède les quatrièmes plus grandes réserves de pétrole au monde, mais cette richesse naturelle est devenue une faiblesse. Les experts estiment que chaque baisse de 10 dollars du baril coûte à l'Iran environ 10 milliards de dollars de recettes annuelles. Avec la flambée des prix due au conflit ukrainien, Téhéran a pu augmenter ses exportations, mais cette manne est précaire.

« La dépendance au pétrole est un piège pour l'Iran », explique un analyste de l'Institut d'études stratégiques. « Le régime utilise ces revenus pour acheter la paix sociale, mais cela le rend extrêmement vulnérable aux chocs extérieurs. »

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Sanctions et contournements

Les sanctions américaines, réimposées en 2018, ont réduit les exportations iraniennes de 2,5 millions de barils par jour à moins de 500 000. Pour contourner, Téhéran utilise des flottes clandestines, des transferts de navire à navire et des ventes via des intermédiaires en Asie. Selon des données de Vortexa, les exportations ont atteint 1,5 million de barils par jour en 2022, mais ce chiffre reste bien en deçà des niveaux d'avant 2018.

Impact sur la population

La dépendance pétrolière a des conséquences directes sur la vie des Iraniens. L'inflation dépasse 40%, et le pouvoir d'achat s'effondre. Les subventions aux carburants, qui coûtent 30 milliards de dollars par an, sont un fardeau pour l'État. « Le gouvernement est pris en étau entre la nécessité de maintenir les subventions pour éviter des émeutes et la pression des sanctions », note un chercheur.

Vers une diversification?

Des voix s'élèvent pour appeler à une diversification de l'économie. Mais les tentatives, comme le développement du tourisme ou de l'agriculture, restent marginales. « Le régime a peur de perdre le contrôle si elle réduit sa dépendance au pétrole », affirme un expert. La guerre en Ukraine a montré que l'Iran reste prisonnier de sa rente pétrolière, une situation qui pourrait s'aggraver avec la transition énergétique mondiale.

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