COP30 : Trump accusé d'être "contre l'humanité" face à la désinformation climatique
COP30 : Trump "contre l'humanité" selon Petro

Après une inauguration joyeuse en musique, l'ambiance s'est refroidie à la COP30 à Belém, au Brésil. Tandis que l'ONU a confirmé que l'année 2025 serait la deuxième ou la troisième année la plus chaude jamais enregistrée, les dirigeants politiques invités ont exprimé leurs inquiétudes sur la dégradation des conditions climatiques. L'événement est marqué par l'inquiétude face à la désinformation climatique et l'absence notable de représentant américain, conduisant le président colombien Gustavo Petro à déclarer que "Trump est contre l'humanité".

Une ouverture sous le signe de la "faillite morale"

Dix ans après l'Accord de Paris, l'heure n'est pas à la célébration. Les dirigeants internationaux ont admis que le monde n'avait pas réussi à limiter le réchauffement climatique comme espéré, tout en cherchant à éviter tout découragement. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a acté l'échec de la communauté internationale à limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à la période préindustrielle, évoquant une "faillite morale".

De nombreuses déclarations alarmistes ont suivi. Le président chilien Gabriel Boric a dénoncé ceux qui "choisissent d'ignorer ou de nier les preuves scientifiques et la crise climatique". Son homologue colombien, Gustavo Petro, dont le visa pour les États-Unis a été annulé par Washington, s'en est pris directement au président américain : "Trump est contre l'humanité".

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S'unir contre la désinformation climatique et les lobbys

L'ONU a basculé vers un message réaliste : les pays doivent faire en sorte que le réchauffement global diminue. Mais il faudra encore 50 ou 70 ans pour revenir à 1,5 °C, selon Johan Rockström, directeur de l'Institut de recherche sur le climat de Potsdam. Avec force, des présidents ont rejeté la désinformation climatique, les lobbys du pétrole, le manque d'argent et le retrait des États-Unis de la coopération sur le climat. "Nous n'avons jamais été mieux équipés pour contre-attaquer", a déclaré António Guterres.

L'autre objectif des dirigeants à Belém est de ne pas laisser penser que la bataille est perdue. Beaucoup vantent les progrès phénoménaux des énergies renouvelables qui font entrevoir un avenir sans pétrole. Arrivé au Brésil le 5 novembre, le président français Emmanuel Macron a fustigé les "prophètes du désordre" et a appelé à choisir "le multilatéralisme face au repli sur soi", "la science face à l'idéologie" et "l'action face au fatalisme".

La Chine, championne industrielle de la transition énergétique, a profité de l'occasion pour demander la levée des "barrières" commerciales sur les "produits verts", un rappel des tensions douanières actuelles.

Une COP moins influente que par le passé

"La fenêtre d'opportunité" pour agir "se ferme rapidement", a mis en garde le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Il a fustigé les "mensonges" de "forces extrémistes" qui favorisent "la dégradation de l'environnement". Pendant longtemps, l'ONU comme les dirigeants pro-climat ont évité le catastrophisme par crainte de démobiliser. Face à des températures record, ils invitent à une "COP de la vérité", selon le terme de Lula.

Mais cette COP est d'ores et déjà moins importante que les précédentes. "Nous sommes moins nombreux ici à Belém, moins de dirigeants prêts à dire les choses comme elles sont", a reconnu le président irlandais Micheál Martin. "Notre attention a été détournée vers d'autres menaces et crises qui peuvent sembler moins pressantes", a-t-il déploré, en allusion aux tensions géopolitiques et commerciales.

Seuls une trentaine de chefs d'État et de gouvernements ont fait le voyage vers le Brésil. Si les grandes puissances européennes et d'Amérique du Sud sont venues avec leurs plus hauts représentants, d'autres grandes nations ont préféré déléguer, à l'image du président chinois Xi Jinping qui a envoyé son premier vice-Premier ministre, Ding Xuexiang. Côté américain, Donald Trump est absent du sommet comme il l'avait annoncé. Pire encore, aucun représentant américain n'est venu à Belém.

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Belém, un choix qui fait polémique au Brésil

Le choix de la capitale de l'État du Para pour la COP a fait polémique en raison de ses infrastructures limitées, qui ont renchéri la venue des petites délégations et des ONG. Le Brésil a dû trouver des fonds pour loger gratuitement des délégués des pays les plus pauvres dans deux navires de croisière affrétés. Jamais la ville de quelque 1,4 million d'habitants, dont la moitié vivent dans des favelas, n'avait accueilli un tel événement international.

Le Brésil ne cherchera pas de nouvelles décisions emblématiques, mais veut que la COP30 inscrive dans le marbre des engagements concrets et organise un suivi des promesses du passé. Le Brésil a ainsi lancé jeudi un fonds d'un nouveau genre appelé à générer des dividendes sur les marchés financiers pour la protection des forêts (TFFF). La Norvège a déjà proposé d'allouer jusqu'à 3 milliards de dollars.