Chasse en Occitanie : ouverture sous tension et défiance
Chasse en Occitanie : ouverture sous tension et défiance

Les chasseurs d'Occitanie ont ouvert leur saison ce week-end dans un contexte de forte défiance, marqué par des manifestations et des décisions politiques récentes qu'ils jugent hostiles à leurs activités. Environ 153 000 chasseurs dans la région, un chiffre en légère baisse par rapport à 2019, ont retrouvé leurs terrains de chasse avec détermination.

Un millier de manifestants à Prades

Samedi, un millier de chasseurs venus de toute la France se sont rassemblés à Prades (Pyrénées-Orientales), fief du Premier ministre Jean Castex, pour défendre leurs terres et traditions. Serge Casteran, président de la fédération régionale de la chasse d'Occitanie, dénonce une attaque contre la ruralité : "C'est avant tout pour dire que c'est toute la ruralité qui est attaquée, en particulier avec leur référendum d'initiative populaire (RIP) porté par des députés macronistes qui veulent aller jusqu'à l'interdiction de la chasse aux chiens courants. C'est inqualifiable." Il promet de nouvelles manifestations, notamment dans le Tarn : "On ne va rien lâcher car on voit bien comment les choses évoluent mais nous ne laisserons pas faire."

Deux interdictions contestées

Les chasseurs dénoncent deux revers subis cet été : l'interdiction de la chasse à la glu, décidée au plus haut sommet de l'État, et celle de la chasse à la tourterelle des bois, intervenue vendredi dernier à quelques heures de l'ouverture officielle. Serge Casteran souligne : "Ce n'est interdit qu'en France où nous avons déjà diminué les quotas. Ailleurs en Europe et dans les pays du Maghreb, cette chasse n'est pas interdite." Jean-Pierre Gaillard, président de la fédération héraultaise, ajoute : "On nous limite à 17 400 tourterelles des bois par an par décision du Conseil d'État. Mais en Espagne, il s'en tue plus de 900 000 par an."

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une bataille de communication

Ferdinand Jaoul, conseiller régional de la majorité, estime que les chasseurs ont été écoutés mais pas entendus. Jean-Pierre Gaillard constate que "la société réagit de plus en plus mal vis-à-vis de la chasse et de la ruralité. On vit une époque difficile et le gouvernement prend des décisions contre la chasse pour apaiser l'opinion publique." Pourtant, les chasseurs poursuivent leur mission de régulation, notamment des sangliers et des renards. Gaillard précise : "Il y a autant de renards qu'avant, il suffit de regarder les chiffres d'il y a 10 ans. Si on ne régule pas, ils se nourriront de perdreaux. Quant aux sangliers, ils pullulent en ville. On permet de protéger le travail des agriculteurs, en particulier les céréales et les vignes. Mais que voulez-vous, on ne peut pas lutter contre l'image d'un petit renardeau que l'on voit à la TV."

Implications politiques

Les chasseurs comptent peser sur le terrain politique. Ferdinand Jaoul estime qu'il faut hausser le ton auprès des députés régionaux qui ont signé en faveur du référendum : "Il y en a trois dans l'Hérault et un en particulier qui devra s'en expliquer devant ses électeurs." Il vise Patrick Vignal (LREM), élu proche de la ruralité, plutôt que Muriel Ressiguier (LFI) ou Coralie Dubost (LREM), députées urbaines. Les chasseurs font partie de la majorité de Carole Delga aux côtés des écologistes, une cohabitation qui fonctionne mais qui nécessitera des arbitrages.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale