Face à la multiplication des attaques de loups, les éleveurs d'Occitanie exigent des actions fortes et réclament une régulation accrue pour protéger leurs troupeaux et leurs modes de vie. Depuis le 30 avril, 30 animaux ont été tués ou gravement blessés par des loups sur le Larzac, soit un tous les deux jours. Avec plusieurs autres associations réunies sous la bannière "Pâturage et Biodiversité", Cercle 12 lance un "appel urgent" au ministère de la Transition écologique pour "neutraliser les prédateurs". Entretien avec Mélanie Brunet, présidente de l'association aveyronnaise qui milite pour une meilleure régulation du loup.
Pourquoi un nouvel appel au ministère ?
Bien que le statut de protection du loup ait été abaissé depuis le 7 juin, il est crucial de mettre à jour le plan loup et les arrêtés encadrant les prélèvements. Nous constatons même des régressions, comme la demande de la préfète de procéder à des tirs seulement après deux attaques. Cette prudence excessive prouve que le nombre de loups est sous-évalué, alors que le quota annuel menace d'être rapidement dépassé. Nous demandons son augmentation ou sa suppression, d'autant que le comptage des loups est biaisé.
Accusations contre l'OFB
Nous pensons que l'OFB annonce une baisse des loups, ce qui est irréaliste. Les mouvements des loups sur le terrain ne suivent pas cette logique. En 2019, la fédération de chasse de la Drôme a organisé un comptage indépendant et a enregistré 90-95 loups alors que l'OFB en comptait 38. Depuis, l'OFB locale a dit qu'il y avait entre 200 et 300 loups dans la Drôme, mais ils ont été réprimés.
Mesures urgentes préconisées
Nous préconisons d'éradiquer des meutes entières là où elles posent problème. C'est pratiqué ailleurs, en Suisse et en Suède. Si une meute est habituée à attaquer des troupeaux, il est plus judicieux de l'enlever en entier, selon l'observation du territoire.
Une approche radicale ?
Sans régulation forte, la situation va empirer. Le plan lancé en 2018 prévoyait 500 loups, un objectif atteint dès 2019. Depuis, la population a doublé, faisant des ravages sur nos troupeaux et mettant en péril l'élevage en plein air, essentiel au maintien de la biodiversité. La présence des loups concerne 80 départements aujourd'hui en France. La situation est devenue incontrôlable et pose un vrai problème sur les élevages.
Opinion publique et bien-être animal
Certes, expliquer aux gens la réalité vécue par les éleveurs change les choses. La menace quotidienne des attaques transforme leurs vies et celles de leurs familles. Le bien-être animal est important, mais pas au détriment de notre mode de vie. Les chiffres officiels, comme les 1 000 brebis en Occitanie, sont sous-évalués. Relever le quota ne signifie pas tuer systématiquement, mais avoir la marge nécessaire pour protéger nos troupeaux.
Sanctions contre certaines associations
Certaines associations, bien que subventionnées, entravent les actions de tir de défense en perturbant sur le terrain. Ce n'est pas acceptable qu'elles compliquent les actions de défense des éleveurs.
Un loup mort est-il la seule solution ?
Je ne veux pas dire ça, parce que ce ne sont pas des formules qui correspondent à notre état d'esprit, mais tant que les loups viennent prélever sur nos troupeaux plutôt que des animaux sauvages, il faudra faire un choix. Si dès le départ, il y avait eu des tirs pour faire comprendre aux loups qu'il y a un danger létal à s'approcher des troupeaux, peut-être ne seraient-ils pas venus comme ça tous les soirs.



