Africa Corps en difficulté au Mali un an après avoir remplacé Wagner
Africa Corps en difficulté au Mali un an après Wagner

Un an après avoir remplacé le groupe Wagner au Mali, les forces russes d'Africa Corps rencontrent des difficultés majeures. Selon un rapport de l'ONG Acled publié en juin 2026, les pertes humaines et matérielles s'accumulent, tandis que l'insécurité persiste dans le nord du pays.

Des pertes significatives et une efficacité limitée

D'après Acled, au moins 120 mercenaires d'Africa Corps ont été tués au Mali depuis juin 2025, dont 45 dans une seule embuscade près de Kidal en mars 2026. Ces chiffres contrastent avec les pertes relativement faibles de Wagner durant ses années de présence. Par ailleurs, le matériel militaire russe, notamment des véhicules blindés et des hélicoptères, a subi des dommages importants.

« Africa Corps a hérité d'un contexte sécuritaire déjà dégradé, mais sa stratégie, plus agressive et moins expérimentée que celle de Wagner, a exacerbé les tensions avec les groupes armés locaux », explique un analyste de l'International Crisis Group cité par le rapport.

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Un contexte politique et sécuritaire tendu

Le Mali est en proie à une instabilité chronique depuis le coup d'État de 2020. La junte au pouvoir, dirigée par le colonel Assimi Goïta, a rompu avec la France et s'est tournée vers la Russie. Le départ de Wagner, lié à des désaccords internes et à la mort de son fondateur Evgueni Prigojine, a laissé place à Africa Corps, une structure plus directement contrôlée par le ministère russe de la Défense.

Cependant, cette transition n'a pas amélioré la situation. Les attaques des groupes jihadistes, notamment du JNIM et de l'État islamique au Grand Sahara, ont augmenté de 30 % en un an, selon Acled. Les civils paient le prix fort : plus de 500 morts dans des violences liées à l'insécurité depuis juin 2025.

Des conséquences économiques et humanitaires

L'insécurité persistante affecte l'économie malienne. La production d'or, principale ressource du pays, a chuté de 15 % en 2025-2026, les mines étant souvent ciblées par les groupes armés. De plus, l'aide humanitaire est entravée, avec 1,2 million de personnes déplacées internes, selon l'ONU.

« La Russie n'a pas réussi à apporter la stabilité promise. Au contraire, la situation s'est aggravée », déclare un diplomate occidental sous couvert d'anonymat. « Africa Corps manque de moyens et de coordination avec l'armée malienne. »

Vers un retrait ou un renforcement ?

Face à ces difficultés, des rumeurs circulent sur un possible retrait partiel des forces russes. Cependant, Moscou a démenti et annoncé en mai 2026 l'envoi de 200 hommes supplémentaires. « Nous restons engagés aux côtés du Mali pour lutter contre le terrorisme », a affirmé le porte-parole du Kremlin.

Mais pour de nombreux observateurs, la situation est intenable. « Africa Corps est coincé entre des objectifs irréalistes et une hostilité croissante de la population locale », conclut le rapport d'Acled. L'avenir de la présence russe au Mali semble plus incertain que jamais.

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