Affaire Hichem Aboud : nouvelle tension entre Paris et Alger
Affaire Aboud : tension Paris-Alger

Une affaire qui envenime les relations

L'arrestation du journaliste franco-algérien Hichem Aboud, le 15 mai dernier à Alger, a provoqué une onde de choc dans les relations déjà tendues entre Paris et Alger. Âgé de 42 ans, Aboud est un reporter indépendant connu pour ses enquêtes sur les droits de l'homme et la corruption en Algérie. Il détenait également la nationalité française, ce qui a immédiatement alerté les autorités consulaires françaises.

Selon des sources proches du dossier, Hichem Aboud aurait été interpellé à son domicile par des agents en civil, sans mandat apparent. Il est accusé par les autorités algériennes d'« atteinte à la sécurité de l'État » et de « diffusion de fausses informations » dans le cadre de ses reportages sur les manifestations de 2019. Ces chefs d'accusation sont vivement contestés par sa famille et ses avocats, qui dénoncent une instrumentalisation politique de la justice.

Réactions officielles et mobilisation

Le ministère français des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur d'Algérie à Paris pour exiger des éclaircissements. Dans un communiqué, il a rappelé « l'importance du respect des droits de la défense et de la liberté de la presse ». De son côté, Alger a répondu en affirmant que l'affaire relevait de la souveraineté nationale et que la justice suivrait son cours.

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Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, dont Reporters sans frontières et Amnesty International, ont lancé des appels à la libération immédiate d'Aboud. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 50 000 signatures. Des manifestations de soutien ont eu lieu devant l'ambassade d'Algérie à Paris, rassemblant des journalistes, des militants et des personnalités politiques.

Un contexte diplomatique fragile

Cette affaire survient dans un climat déjà marqué par des désaccords sur la question migratoire et la mémoire de la colonisation. En mars dernier, la France avait réduit le nombre de visas accordés aux Algériens, provoquant une vive réaction d'Alger. L'arrestation d'Aboud risque de compromettre les efforts de rapprochement engagés récemment.

Des sources diplomatiques indiquent que des discussions discrètes sont en cours pour trouver une issue. Une visite du ministre français des Affaires étrangères à Alger, initialement prévue en juin, pourrait être avancée pour tenter de désamorcer la crise. En attendant, Hichem Aboud reste détenu dans la prison d'El Harrach, à Alger, où il observe une grève de la faim pour protester contre son incarcération.

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