Saint-Jean-d’Illac : un collectif défend un bois menacé par un projet immobilier
Un collectif défend un bois menacé par un projet immobilier

Saint-Jean-d’Illac : un collectif citoyen se mobilise pour sauver un « poumon vert »

À Saint-Jean-d’Illac, en Gironde, un jeune étudiant en urbanisme de 23 ans, Yann Bourdères, a fondé un collectif nommé Bois vivant. Ce groupe interpelle activement la mairie pour défendre un espace boisé privé de plus de 3 hectares, situé en plein centre-ville. Selon Yann Bourdères, ce site, souvent appelé le « bois vivant » par les habitants, est menacé par un projet immobilier intégré au futur plan local d’urbanisme (PLU) de la commune.

Un espace naturel remarquable en péril

Le bois en question, d’une superficie exacte de 3,64 hectares, appartient à une vieille famille de Saint-Jean-d’Illac. Il se caractérise par un airial central avec une maison habitée, entouré d’une forêt mixte composée de pins, chênes, cèdres et magnolias, dont certains arbres sont centenaires. Yann Bourdères, résident de longue date de la commune, souligne la richesse de sa biodiversité, incluant des espèces protégées comme l’écureuil roux. Il décrit cet espace comme le « dernier poumon vert » du centre-ville, un lieu unique qui contribue à la qualité de vie des Illacais.

Les menaces urbanistiques et le projet immobilier

Le collectif Bois vivant alerte sur une orientation d’aménagement et de programmation (OAP) inscrite au futur PLU, qui classerait ce terrain en zone à urbaniser (AU). Selon les informations recueillies, un projet immobilier est envisagé sur ce site, porté par les propriétaires et un bailleur social non encore identifié. Ce projet prévoit la construction de 120 logements, dont 35 % de logements sociaux, ainsi qu’un centre social, en bâtiments de R+2. Yann Bourdères critique cette initiative, la qualifiant d’« opportuniste et anachronique », arguant qu’elle urbaniserait l’essentiel de la propriété et détruirait un espace naturel précieux.

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Il reconnaît l’importance du logement social, mais plaide pour une approche plus réfléchie : « Il faut le faire en bonne intelligence et ne pas s’attaquer au dernier bois du centre-ville alors qu’il y a d’autres terrains plus appropriés. » Le collectif met en avant le manque d’espaces naturels dans la commune, exacerbé par la future zone d’aménagement concerté (ZAC) Cœur de bourg, un projet de 10 hectares incluant 550 logements et divers équipements.

Les actions du collectif et la réponse municipale

Pour sensibiliser l’opinion et influencer les décisions, le collectif Bois vivant a lancé un site internet détaillé, qui référence les documents d’urbanisme de la Ville et une pétition ayant recueilli 227 signatures à ce jour. Yann Bourdères insiste sur le caractère non partisan de leur démarche, bien qu’il admette que « l’urbanisme, c’est de la politique ». Le collectif, qui compte une vingtaine de membres, souhaite que la mairie révise le PLU pour classer le terrain en Espace vert protégé ou Espace boisé classé, avec des propositions comme un parc public ou une Maison de la nature.

En réponse, le maire divers gauche Édouard Quintano défend le projet, le décrivant comme « vertueux » et respectueux de l’environnement. Il précise que près de la moitié de la surface serait préservée, avec conservation de l’airial, des bandes boisées et des arbres remarquables. Le maire argue aussi des contraintes légales : déclarer l’espace inconstructible exposerait la commune à un recours du propriétaire, et son rachat coûterait entre 4 et 5 millions d’euros. Il tempère l’urgence, indiquant que le projet n’aboutira pas avant une décennie, après les travaux de la ZAC prévus à partir de fin 2027.

Un débat citoyen sur l’avenir urbain

Cette controverse illustre les tensions entre développement urbain et préservation environnementale. Alors que Saint-Jean-d’Illac se prépare à densifier son centre avec la ZAC, le collectif Bois vivant milite pour une vision à long terme, évitant selon eux une « ville-dortoir ». Yann Bourdères résume : « C’est une question de volonté politique. » Les prochains mois, avec le vote du nouveau PLU par la majorité municipale, seront déterminants pour l’avenir de ce bois, symbole des défis de l’urbanisme durable dans les communes périurbaines.

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