À Mouans-Sartoux, la municipalité a entrepris une transformation radicale de son espace urbain en mettant les sols au centre de sa politique d'aménagement. L'objectif : faire face aux phénomènes climatiques extrêmes, comme les fortes pluies et les canicules, qui menacent la commune des Alpes-Maritimes.
Un parking devenu jardin
Difficile d'imaginer qu'à la place du magnifique jardin qui jouxte le château se trouvait autrefois un parking bitumé de 245 places. Marc Faure, conseiller municipal délégué à la biodiversité, explique : « Autrefois, le sol était imperméabilisé. Nous avons végétalisé la surface pour retenir les eaux de pluie, créer un îlot de fraîcheur et régénérer les sols. » Ce parc relais, qui surplombe le parking du château, est un îlot de verdure et de biodiversité. Il s'inscrit dans un projet plus vaste d'amélioration de la liaison ferroviaire entre Cannes et Grasse, financé par la communauté d'agglomération du Pays de Grasse, l'État, le département, la région Sud et le Fonds européen de développement régional.
Désimperméabilisation et rétention naturelle
La désimperméabilisation est un enjeu majeur pour Mouans-Sartoux, particulièrement sujette aux inondations. Le parking du château permet désormais une infiltration et une rétention naturelle de l'eau. Celle-ci est évacuée via un système de canalisations souterraines qui la redirige vers un vallon proche. « C'est une manière de réduire la pression sur les systèmes d'évacuation classiques », souligne Marc Faure. Le parking de la gare va également être transformé en « parking éponge » sur 4000 m², capable d'absorber les eaux pluviales. Une fine couche de grains de blé, vestige d'anciens battages, facilitera les travaux sur ce sol calcaire argileux, qui s'engorge rapidement. Les pentes seront travaillées pour converger vers une noue centrale de récupération des eaux, limitant ainsi les risques d'inondation et permettant d'arroser les végétaux en période de sécheresse.
Une trame verte jusqu'au cœur de ville
L'allée Alain Mimoun, en terre battue, constitue une trame verte qui mène au centre-ville. Elle fait l'objet de nombreux travaux visant à placer la nature au cœur de l'urbanisation. La conservation de la biodiversité est le fer de lance de la politique communale, et les sols en sont le réservoir. Marc Faure précise : « Tout cela repose sur une transformation du fonctionnement des sols. » Quatre-vingts arbres seront plantés pour créer une véritable forêt urbaine, dans le cadre du projet d'aménagement « Cœur de ville ». Les services techniques et environnementaux ont travaillé main dans la main pour mener à bien ce projet transversal. « Aujourd'hui, les contraintes viennent de toute part, alors on essaie de travailler dans la transversalité », conclut l'élu.



