Le quartier de la gare de Grasse s'apprête à changer de visage. D'ici quelques mois, l'actuel parking de la gare SNCF et ses abords seront le théâtre d'une transformation inédite : pour la première fois au sein de la cité des parfums, un espace va devenir un véritable écoquartier grâce au projet « Jardin de Pluie ».
Un projet exemplaire pour la loi Climat et Résilience
Pensé comme une opération exemplaire, ce projet d'envergure répond pleinement aux objectifs de la loi Climat et Résilience de 2021, qui encourage les territoires à anticiper les risques naturels, limiter l'artificialisation des sols et mieux associer les habitants aux enjeux environnementaux. Concrètement, cela se traduira par l'utilisation de revêtements en pierre naturelle, la plantation d'arbres, la création d'un amphithéâtre paysager et la mise en place de surfaces perméables favorisant l'infiltration naturelle de l'eau. Au total, 2.860 m² seront entièrement réaménagés et repensés.
Dix mois de travaux à partir de la semaine prochaine
« Ce projet s'inscrit dans une dynamique de transformation urbaine plus large de la ville de Grasse, notamment autour du quartier de la gare », expose Jérôme Viaud, président de la Communauté d'agglomération du Pays de Grasse. « Ce quartier, historiquement un nœud de circulation automobile et de stationnement, doit faire l'objet d'une restructuration profonde pour répondre aux défis actuels de développement durable, d'amélioration de la qualité de vie et d'adaptation aux changements climatiques. »
Dans cette optique, la mutation annoncée dépasse largement le cadre de simples travaux. À partir du 30 avril, pour une durée estimée à dix mois – avec une ouverture envisagée dès février 2027 si les conditions restent favorables –, le site va connaître une métamorphose spectaculaire.
Une réflexion globale de réaménagement
L'actuel parking de 110 places, dont « près de 60 % sont occupées par des voitures ventouses » selon la CAPG, laissera place à un jardin de pluie de 1.500 m². Celui-ci sera « aménagé pour offrir des espaces verts propices à la détente et aux activités de plein air », tout en intégrant des dispositifs de gestion des eaux pluviales « conçus pour capter, filtrer et infiltrer l'eau de manière naturelle ». L'objectif est clair : « réduire le ruissellement, prévenir les inondations et protéger les habitations et infrastructures environnantes ». Grâce à une capacité de stockage d'environ 130 m³, le site deviendra un véritable outil de régulation hydrique.
En parallèle, un nouvel écosystème verra le jour avec la plantation de 50 arbres – micocouliers, chênes verts, érables, etc. – permettant, comme le souligne Jérôme Viaud, d'obtenir « jusqu'à 3 °C de moins dans les zones ombragées grâce à la végétation ».
Mais la transformation ne s'arrête pas au jardin lui-même. C'est l'ensemble de la place qui va retrouver une seconde jeunesse et s'adapter aux usages de demain. L'agglomération prévoit ainsi une réorganisation des stationnements autour de la gare SNCF, avec notamment l'installation de bornes de recharge pour taxis et usagers. Le parvis sera également repensé, tandis que des pantographes seront déployés pour alimenter les futurs autobus électriques du réseau Sillages.
Coût du projet estimé à 2,4 millions d'euros
Ces véhicules équiperont notamment la ligne E du futur BHNS, reliant la CAPG à l'agglomération Cannes Pays de Lérins. Dans le même esprit, environ 1.500 m² de panneaux photovoltaïques seront installés sur la toiture du parking relais. Ils permettront « l'autoconsommation de l'ensemble de la gare routière, du parking relais, de la Maison de la mobilité, ainsi que des infrastructures de recharge rapide pour taxis et des pantographes », précise le président de l'agglomération.
Le montant total du projet est estimé à 2.431.089 euros TTC (hors acquisition des bus), financé à 62,5 % par des subventions extérieures (Feder, Fonds Vert et Région Sud). Un projet véritablement à la croisée des enjeux environnementaux, urbains et de mobilité, qui devrait sensiblement modifier le paysage de ce quartier grassois, en souffrance depuis de nombreuses années.
Stationnement : les solutions de remplacement
C'est, à juste titre, l'une des principales préoccupations des riverains comme des usagers du train : avec la suppression du parking du parvis de la gare SNCF et de ses 110 places, qu'en sera-t-il du stationnement à partir du 30 avril prochain, date du début du chantier ? Afin de compenser sa fermeture, plusieurs mesures ont été prises :
- 38 places gratuites sont disponibles le long de la rue Marguerite-Raineri,
- 31 le seront sur le parking de la Maison de la mobilité de la CAPG en zone bleue la journée – et entièrement gratuites la nuit –,
- 33 seront remises en location par les bailleurs sociaux sur les résidences du Valmy et du Val de Provence 1 et 2 – avec une priorité pour les résidents.
Surtout, un parking relais de 220 places est proposé, avec un accès gratuit pour tous les usagers des transports en commun, qu'il s'agisse du train ou du bus. Pour les besoins plus réguliers, un abonnement mensuel (100 places) est proposé : 19 euros pour une utilisation en soirée et le week-end, ou 35 euros pour un accès illimité, 24 heures/24 et 7 J/7. Une heure de stationnement gratuit est également prévue, facilitant la dépose minute, un passage rapide en gare ou l'accès aux commerces et établissements scolaires situés à proximité.
« Le stationnement autour de la gare est un sujet important et nous l'avons pleinement anticipé. Nous avons fait le choix de développer des zones bleues gratuites pour éviter le stationnement de longue durée qui saturait les places, et permettre à chacun de trouver plus facilement une solution à proximité. En parallèle, nous avons augmenté les capacités de stationnement et proposé des alternatives pour les besoins de plus longue durée », résume Jérôme Viaud, président de la CAPG.



