L'Allemagne supprime ses zones à faibles émissions, la France les abandonne aussi
Allemagne : fin des zones à faibles émissions, la France suit

L'Allemagne tourne la page des zones à faibles émissions

En 2024, alors que la France mettait en place les zones à faibles émissions (ZFE), aujourd'hui supprimées, l'Allemagne, elle, en supprimait également. La raison principale réside dans l'amélioration considérable de la qualité de l'air, notamment pour le dioxyde d'azote, atteignant les objectifs plus vite que prévu. Cette évolution marque un tournant dans les politiques environnementales urbaines.

La disparition progressive des Umweltzonen

Les zones environnementales allemandes, connues sous le nom d'Umweltzonen, sont en voie de disparition. Onze grandes villes, dont Hanovre, Mannheim, Mühlheim et Ulm, ont déjà banni la vignette « Umweltplakette », autorisant tous les véhicules à circuler, quel que soit leur taux d'émission de CO2. D'autres cités comme Mayence, Fribourg, Heidelberg et Augsbourg ont suivi ce mouvement. Bonn et Francfort envisagent de franchir le pas en 2026. Ainsi, le nombre de ces zones, qui atteignait 56 en 2023, devrait tomber à moins de 30 d'ici la fin de 2026.

Transports en commun : une stratégie gagnante

La densification des réseaux de transports en commun et leur politique tarifaire incitative ont, selon les municipalités, porté leurs fruits. À Berlin et Munich, un abonnement unique, le Deutschlandticket, permet d'utiliser tous les transports en commun de manière illimitée dans la métropole, voire dans tout le pays, pour des tarifs commençant à 49 euros. Parallèlement, des campagnes ont été lancées pour encourager l'usage du vélo et de la marche. Les flottes de bus urbains se sont également converties : à Hambourg et Cologne, la majorité des bus fonctionnent à l'électricité et à l'hydrogène.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Logistique urbaine : vers une livraison décarbonée

La logistique de livraison a été repensée en concertation entre les municipalités et les entreprises privées. À Berlin, les grands transporteurs utilisent un espace de déchargement commun en périphérie, et la livraison finale est effectuée en vélos-cargos, remplaçant les camionnettes. Dans le quartier de Prenzlauer Berg, 38 000 colis sont ainsi livrés chaque mois. Hambourg a mis en place des conteneurs mobiles servant de mini-entrepôts de proximité, tandis que Munich intègre des espaces de logistique au rez-de-chaussée des immeubles, associés à des services mutualisés en vélo-cargo. Francfort utilise des rames de tramway dédiées pour transporter des marchandises vers le centre-ville pendant les heures creuses.

Comparaison avec la France et aides aux véhicules électriques

En France, des initiatives similaires émergent, comme les « hôtels logistiques urbains » (HLU) à Paris ou Lyon, où un HLU de 29 000 mètres carrés a été aménagé pour décarboner les livraisons du dernier kilomètre. En Allemagne, l'État et les constructeurs ont proposé pendant plusieurs années des aides allant jusqu'à 10 000 euros pour l'achat de véhicules électriques neufs ou d'occasion récente, en échange de la mise à la casse de vieux diesels. En 2024, la part des véhicules polluants dans les centres-villes allemands avait drastiquement diminué. Notons que la vignette Crit'Air française n'est pas reconnue en Allemagne ni ailleurs en Europe, nécessitant l'achat de la vignette écologique locale pour être en règle.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale