Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi près du Puy-en-Velay en Haute-Loire, six jours après qu'un sexagénaire auteur d'invectives racistes a tiré à la carabine à plomb près d'un groupe d'enfants d'une cité. Le geste de cet homme de 65 ans, placé brièvement en garde à vue, avait provoqué le 19 avril un grand émoi dans la cité HLM de l'Arbousset à Espaly-Saint-Marcel.
Une enquête ouverte pour injure publique et violence avec arme
Une enquête a été ouverte pour injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion et « violence avec arme ». Le sexagénaire sera jugé en correctionnelle début juillet. Selon le père d'un garçon de 10 ans, traumatisé après les faits, l'homme s'est avancé vers les enfants qui jouaient au ballon avec une carabine. Ils lui ont demandé ce qu'il faisait avec, il leur a répondu qu'il avait le droit et que s'ils le faisaient chier, il allait tirer. Puis il a mis en joue mon fils en disant 'dehors sales nègres et sales arabes'.
Une deuxième plainte nécessaire pour le caractère raciste
Romain Montbeyre, membre du bureau national de SOS-Racisme, déplore que la famille ait dû déposer une deuxième plainte pour que le caractère raciste de l'agression soit pris en compte. « Ce n’est pas nouveau, dit-il, il y a un abandon total des victimes d’actes racistes en France, elles ne sont pas prises au sérieux ».
Zahia Essebbah, 23 ans, habitante du quartier depuis deux ans, témoigne elle aussi d'agressions verbales récurrentes du retraité. « On lui disait bonjour et il ne répondait jamais et puis ça a pris de l’ampleur, les altercations étaient fréquentes, il s’opposait à toute sociabilisation et la semaine dernière, je l’ai entendu dire aux enfants 'sales nègres, bande de bougnoules, espèce de babouins' ».
Des slogans contre le racisme
« Tous de la même couleur », « non aux racismes », « Justice pour nos enfants », pouvait-on lire sur des affiches colorées brandies par les manifestants. Pour le secrétaire départemental de la CGT Pierre Marsein, « le racisme se banalise de plus en plus, tout comme on banalise le RN ».



