Des scientifiques français ont mis en lumière un mécanisme inattendu par lequel le cœur se protège des cancers. Selon une étude publiée dans la revue Nature, les battements cardiaques eux-mêmes joueraient un rôle clé dans la prévention des tumeurs cardiaques, qui sont extrêmement rares.
Un constat surprenant
Les tumeurs du cœur sont en effet très peu fréquentes, contrairement à d'autres organes comme le poumon ou le sein. Cette rareté intriguait la communauté médicale. Une équipe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et du CNRS a donc cherché à comprendre pourquoi.
Le battement comme bouclier
Les chercheurs ont découvert que les cellules cardiaques, appelées cardiomyocytes, sont constamment soumises à un stress mécanique dû aux contractions rythmiques du cœur. Ce stress active une voie de signalisation qui empêche la multiplication anarchique des cellules, un processus clé dans le développement du cancer.
En laboratoire, les scientifiques ont reproduit ce stress mécanique sur des cellules cardiaques humaines et observé une réduction significative de leur capacité à former des tumeurs chez la souris. Les résultats montrent que les battements induisent l'expression de gènes suppresseurs de tumeurs, notamment le gène p53.
Une piste pour de nouveaux traitements
Cette découverte ouvre des perspectives pour le développement de thérapies anticancéreuses. En imitant ce mécanisme de protection, il pourrait être possible de prévenir ou de traiter certains cancers dans d'autres organes. Les auteurs de l'étude envisagent de tester des molécules qui reproduisent l'effet du stress mécanique sur les cellules.
« C'est une avancée majeure dans la compréhension de la résistance naturelle du cœur au cancer », a déclaré le Dr. Sophie Martin, directrice de recherche à l'Inserm. « Nous espérons que ces travaux pourront conduire à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les patients atteints de tumeurs solides. »
Les prochaines étapes consisteront à identifier précisément les mécanismes moléculaires en jeu et à tester l'efficacité de cette approche sur d'autres types de cancers. L'étude a été financée par la Ligue contre le cancer et l'Agence nationale de la recherche.



