Route fermée à Cagnes-sur-Mer : réouverture pas avant 2027
Route fermée à Cagnes-sur-Mer : réouverture pas avant 2027

Une réouverture « pas avant 2027 », et ce n’est pas sûr : cette route de Cagnes-sur-Mer est toujours dans l'impasse

Alors qu'un vaste réseau de capteurs vient d'être déployé pour ausculter 11 propriétés, la réouverture du chemin du Collet-des-Grailles à Cagnes-sur-Mer est suspendue aux résultats scientifiques et à un arbitrage politique.

C'est un pan de colline qui vit désormais au rythme des capteurs et des relevés géologiques. Au chemin du Collet-des-Grailles à Cagnes-sur-Mer, les mouvements de terrain qui frappent le secteur depuis plus de dix ans ont forcé la mise en place d'un dispositif de surveillance à l'échelle du quartier. Au cœur de cette zone sensible, l'avenir de la route, actuellement fermée à la circulation, soulève une problématique aussi bien technique que politique.

Pour comprendre la dynamique de ce glissement et répondre aux exigences de l'État dans le cadre d'un éventuel déblocage du fonds Barnier, la municipalité a dû engager d'importants moyens d'investigation. Des spécialistes ont sondé, début décembre 2025, 150 mètres entre le chemin du Puy et celui du Collet-des-Grailles. « On a eu des interventions dans des propriétés privées avec l'accord des riverains. Il y a des capteurs et des inclinomètres qui ont été posés sur certaines fissures sur le bâti pour suivre l'évolution », indiquent les services de la Ville de Cagnes-sur-Mer.

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Ces sondages ciblent spécifiquement « onze propriétés du périmètre ». L'objectif est d’évaluer millimètre par millimètre le risque géologique pour déterminer si le fonds Barnier financera des travaux de confortement ou, en dernier recours, l'acquisition et la démolition des maisons les plus menacées.

Au centre de ce périmètre instrumenté, le chemin du Collet-des-Grailles cristallise les tensions. Faut-il rouvrir cet axe une fois les travaux terminés ? Sur ce point, les riverains sont très partagés. « Il y a des habitants qui demandent que ça reste fermé, il y en a d’autres qui demandent la réouverture », soulignent les services de la Ville. Car la fermeture a mis un terme à des nuisances récurrentes.

Quoi qu'il en soit, les automobilistes devront prendre leur mal en patience, car si réouverture il y a, elle ne se fera « pas avant 2027 ». La décision est suspendue aux conclusions géotechniques, dont la « restitution complète est attendue pour fin 2026 ou début 2027 », précise la Ville.

Au-delà du verdict scientifique, le futur de la route relèvera d'un choix politique. « Je ne prendrai pas de risques inconsidérés », lance Bryan Masson, maire de Cagnes-sur-Mer. Et de préciser : « La décision prendra en compte l'intérêt des habitants du chemin. »

Une histoire de glissements de terrain depuis la fin des années 90

Tout commence à la fin des années 90 lorsqu'un mur de 30 mètres est emporté. En janvier 2014, de violentes coulées de boue forcent l'évacuation d'une première maison fissurée. En avril 2018, un affaissement fait s'effondrer un mur de 60 mètres, entraînant l'évacuation de la résidence Oasis. Fin 2019, la famille Pintus fuit sa villa en urgence suite à l'éboulement d'une partie de la colline.

Les riverains subissent depuis l'isolement au quotidien comme ils l’ont indiqué durant toutes ces années à Nice-Matin. Myriam, propriétaire résidente, expliquait le défi de la route barrée, en 2018 : « Quand on fait les courses, on ne peut pas se garer chez nous, alors on doit tout porter. On fait bien 200 mètres avec nos sacs à la main. » Le danger permanent a rongé les habitants. Cécile, propriétaire voisine, confiait il y a neuf ans : « À chaque fois qu’il pleut, c’est l’angoisse. Je ne dors pas de la nuit. » René, propriétaire évacué, se résignait face à la nature : « J’ai tenu cette colline pendant 27 ans. [...] Ici, c’est terminé. On n’y habite plus. »

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