Polluants dans nos assiettes : peur justifiée ou psychose ?
Polluants dans nos assiettes : peur ou psychose ?

Acétamipride, cadmium, PFAS, microplastiques… Plus ces polluants envahissent nos assiettes, plus la panique monte. Risques de cancers, danger de contamination : jamais les craintes n’ont été aussi fortes, notamment sur les produits phytosanitaires. On se souvient du Covid, et de ses marchands de peur, qui chaque jour, démentant les études scientifiques, mettaient en danger la vie des citoyens. Serait-on en train de rejouer le match, avec, sur le banc des accusés, les industriels, accusés de privilégier la rentabilité à la santé ?

Pas si vite, car les réglementations existent et elles sont souvent très strictes, les agences sanitaires agissent efficacement et les contrôles sont fréquents. Mais il faut admettre, à l’instar de Xavier Coumoul, professeur des universités en biochimie et toxicologie à l'université Paris Cité, et auteur de Poison(s) (éditions des Atelier d’Argol) qu'« il y a des trous dans la raquette scientifique ». Des trous béants, qui expliquent le niveau élevé des incertitudes actuelles.

Les PFAS, une menace invisible

Prenez les PFAS, présents dans l’eau, l’air ou les sols. Une menace invisible contre laquelle le gouvernement a publié un plan d’action national en 2024. Mais que sait-on au juste de ces fameux polluants éternels ? « Si une exposition chronique de longue durée à certains PFAS peut être associée à des effets sur la santé, les données permettant avec certitude de prouver la probabilité d’occurrence et la gravité de ces effets selon le niveau d’exposition et le (ou les) PFAS concernés sont encore insuffisantes », reconnaît prudemment le ministère de la Santé.

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Un équilibre difficile entre précaution et certitude

Cette situation crée un dilemme pour les autorités sanitaires. D'un côté, il faut protéger la population contre des risques potentiels. De l'autre, des mesures trop strictes pourraient avoir des conséquences économiques ou sociales. Les experts appellent à davantage de recherches pour combler les lacunes scientifiques, tout en renforçant la surveillance et l'information du public.

En attendant, les consommateurs sont invités à diversifier leur alimentation et à privilégier les produits issus de l'agriculture biologique ou locale, sans pour autant céder à la panique. La raison et la prudence doivent guider nos choix, dans un contexte où la science avance pas à pas.

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