Lunel Agglo en croisade contre les polluants éternels dans l'eau du robinet
La collectivité de Lunel Agglo prend les devants face à la présence de per- et polyfluoroalkylées (PFAS), aussi appelés polluants éternels, dans l'eau du robinet de trois de ses communes. Dès le 1er juillet, des unités de filtration par charbon actif seront mises en place pour traiter l'eau et respecter les futures normes européennes.
Une eau potable malgré tout
Selon Jérôme Boisson, premier vice-président de Lunel Agglo, l'eau du robinet reste parfaitement consommable sur le territoire. Il s'appuie sur les dires du directeur de l'Agence régionale de santé (ARS). L'élu assure que le problème des PFAS a été pris à bras-le-corps. Les communes concernées sont Saint-Nazaire-de-Pézan, Saint-Just et Lunel-Viel.
Une étude révélatrice
Le 23 janvier dernier, l'UFC-Que Choisir et Générations Futures ont publié une étude pointant la présence de PFAS dans l'eau de 24 communes sur 30 testées en France, dont Lunel. Cette enquête intervient un an avant l'entrée en vigueur d'une directive européenne, le 1er janvier 2026, qui imposera une somme de concentration de 20 PFAS inférieure à 100 ng/l dans l'eau consommée.
Des taux dépassés dans trois communes
L'ARS a lancé une campagne exploratoire en 2024. Les résultats montrent que Lunel-Viel affiche 150 ng/l, tandis que Saint-Just et Saint-Nazaire-de-Pézan atteignent 140 ng/l, dépassant ainsi la future limite. En revanche, la ville de Lunel n'a jamais dépassé les 100 ng/l, contrairement à ce que suggérait l'étude de l'UFC-Que Choisir.
Des solutions rapides
Lunel Agglo, avec ses partenaires (ARS, préfecture, Dreal, DDTM, Veolia, Suez et les communes), a mis en place des projets pilotes. Dès le 1er juillet, une filtration expérimentale par charbon actif en grain sera installée via une unité de traitement de l'eau (Utep). Pour Saint-Just et Saint-Nazaire-de-Pézan, le point de captage des Aubettes dispose déjà d'une Utep, mais le charbon actif est saturé en PFAS. Il sera remplacé d'ici début juillet. Un suivi renforcé sera mené pendant douze mois, avec des analyses deux à quatre fois par semaine.
Un dispositif mobile pour Lunel-Viel
Pour Lunel-Viel, le point de captage des Horts n'est pas équipé d'Utep. Une unité mobile de traitement par charbon actif sera donc installée par Veolia. Il s'agit de l'un des cinq seuls dispositifs de ce type en France.
Des coûts et la recherche des pollueurs
Les élus souhaitent également identifier l'origine de la pollution. Des captages plus profonds seront réalisés. Le projet pilote pour Saint-Just et Saint-Nazaire-de-Pézan coûte 112 000 € HT, tandis que celui de Lunel-Viel s'élève à 350 000 € HT. L'Agence de l'eau et l'État financent 67 % via la DETR. Cependant, il est probable que Veolia et Suez répercutent les coûts sur la facture des usagers, à moins que les pollueurs ne soient identifiés et ne paient selon le principe pollueur-payeur. Certains PFAS sont présents depuis des décennies, souvent issus d'entreprises disparues.



