Plan gouvernemental pour protéger les eaux littorales sans financement nouveau
Gouvernement dévoile plan pour eaux littorales sans budget neuf

Le gouvernement a présenté jeudi 7 mai une feuille de route pour tenter de mieux protéger les eaux littorales, notamment dans les aires protégées et à proximité des activités de baignade ou de conchyliculture, mais sans financement nouveau. Ce plan « s'articule autour de trois axes complémentaires : identifier sans délai les zones à enjeux majeurs et y engager des actions concrètes, étendre à l'ensemble du littoral métropolitain et ultramarin les bonnes pratiques qui font leurs preuves et améliorer notre connaissance des pollutions émergentes », détaille la ministre de la Mer et de la Pêche Catherine Chabaud dans le document.

Origine et calendrier du plan

L'élaboration de cette feuille de route avait été décidée l'an dernier lors d'un comité interministériel de la mer à Saint-Nazaire, par le Premier ministre de l'époque, François Bayrou. Elle devait initialement être présentée en 2025. « Il n'y a pas de financement spécifique nouveau » mais il s'agit « de donner des priorités d'action, notamment aux agences de l'eau qui disposent de budgets importants », a-t-on souligné dans l'entourage de la ministre, qui se déplaçait jeudi dans le Morbihan pour présenter le plan.

Mesures phares pour les aires marines protégées

Parmi les mesures, les aires marines protégées devront d'ici fin 2028 établir un plan de lutte contre les pollutions après avoir auparavant identifié les principales d'entre elles (polluants chimiques, industriels et agricoles, type nitrates). Le gouvernement veut y « sensibiliser les usagers de la mer aux effets indésirables de certaines substances chimiques parfois présentes dans la composition de certaines crèmes solaires », qui feront partie des substances dont la présence dans la mer sera mieux surveillée.

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Systèmes d'alerte pour les conchyliculteurs

Il met aussi en avant une généralisation des systèmes d'alerte pour prévenir les conchyliculteurs en cas de contamination. « À défaut d'améliorer la qualité de l'eau tout de suite, ils permettront d'avoir très rapidement des signaux sur la dégradation de la qualité de l'eau pour permettre de prendre les mesures de sauvegarde », observe le cabinet. Les conchyliculteurs font face chaque hiver à des contaminations par des virus affectant huîtres et moules, avec des « pertes économiques significatives » et « une atteinte à la confiance des consommateurs », relève le gouvernement dans le document.

Encadrement des épandages agricoles

Parmi les « bonnes pratiques », il souhaite encore mieux encadrer les épandages d'effluents agricoles et de boues, soumis à dérogation du préfet à proximité de zones sensibles pour la baignade ou la conchyliculture. « Il y aura une vigilance particulière des préfets sur ces pratiques d'épandage », promet l'entourage de la ministre.

Des mesures qui prendront du temps

La même source souhaite encourager à court terme « la mise à niveau, par exemple des réseaux d'assainissement » et « des stations d'épuration », qui appartiennent aux collectivités territoriales. « Beaucoup de mesures […] prendront plus de temps, notamment pour ce qui concerne certaines pollutions d'origine agricoles ou industrielles », reconnaît le gouvernement.

Réactions des ONG

Cette feuille de route est « bienvenue », juge Lucille Labayle, chargée de plaidoyer européen sur la qualité des eaux pour Surfrider. Mais elle regrette que le plan « n'apporte rien de réellement nouveau puisqu'il se repose sur un cadre qui existe déjà, au niveau soit français soit européen ». L'ONG relève « le manque d'intégration de nouvelles mesures concrètes dans cet état des lieux » et appelle « à une concrétisation des ambitions du plan par des actions ambitieuses ».

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